Le député national MuhindoSimisiObed a interpellé le Gouvernement congolais sur la dégradation de la situation sécuritaire dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Lors de la séance plénière du mardi 14 juillet 2026 à l’Assemblée nationale, l’élu du territoire de Lubero a exprimé son inquiétude face à la multiplication des violences contre les populations civiles, particulièrement dans le sud de Lubero.
Prenant la parole devant les députés nationaux, Muhindo Simisi Obed a décrit une situation qu’il juge alarmante dans plusieurs localités du sud de Lubero, notamment Kirumba, Kayna, Kaseghe, Luofu, Kanyabayonga, Kitsombiro, Alimbongo, Bingi et Miriki, des entités occupées par l’AFC-M23 soutenu par l’armée rwandaise. Selon le Parlementaire, les populations vivant dans ses zones subissent continuellement des attaques meurtrières, des pillages, des violences sexuelles et des enlèvements.
« L’occupation illégale par l’AFC/M23 soutenue par l’armée rwandaise RDF transforme notre terroir en un véritable couloir de la mort. Dans tous les villages occupés, des hommes armés pénètrent dans les maisons à la tombée de la nuit. Leur méthode est une sauvagerie inouïe, décapitation à la machette, au couteau, au marteau, ils volent et ils violent nos mamans et enlèvent nos jeunes», a déclaré le député.
Au cours de son intervention, Muhindo Simisi Obed est revenu sur plusieurs attaques survenues ces derniers jours. Il a notamment évoqué les violences enregistrées dans la nuit du 10 au 11 juillet à Kirumba, où trois personnes auraient été tuées, dont un infirmier identifié sous le nom de Moïse, ainsi que deux femmes grièvement blessées. Il a également fait état du massacre de neuf personnes à Kayna dans la nuit du 9 au 10 juillet.
Le député a par ailleurs dénoncé les enlèvements et l’enrôlement forcé de jeunes dans les groupes armés, estimant que ces pratiques privent de nombreuses familles de leur avenir. Il a également affirmé que la population de Kirumba avait boycotté un meeting organisé par le M23 le 11 juillet dernier, y voyant un signe du rejet de ce mouvement par les habitants.
Selon l’élu de Lubero, les violences observées dans le sud du territoire présentent des similitudes avec les attaques attribuées aux ADF. Il a aussi dénoncé des pillages répétés sur la Route nationale n°2 et signalé des informations faisant état de renforts militaires sur l’axe Kaseghe-Kitsombiro.
Face à cette situation, Muhindo Simisi Obed a appelé les autorités congolaises à agir rapidement afin de protéger les populations civiles. Il a également plaidé pour un renforcement des actions diplomatiques contre les auteurs des violences et pour des mesures plus fermes de la communauté internationale.
« Devant ce déchaînement de violences, les discours ne suffisent plus. Nous exigeons des actes immédiats et sans faiblesse. Sur le plan international, nous demandons de saisir d’urgence le Conseil de sécurité de l’ONU pour un embargo total sur les armes et les minerais des zones occupées. Multiplier les sanctions ciblées contre les responsables rwandais et les commandants du M23 auteurs des crimes contre l’humanité, et traduire le Rwanda devant la Cour Internationale de Justice », a insisté le député dans la série de recommandations.
À travers cette intervention, le député national qui salue les efforts diplomatiques, politiques et militaires engagés par le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, en faveur du retour de la paix dans l’Est du pays, entend maintenir la pression sur les autorités afin que des réponses concrètes soient apportées à la crise sécuritaire qui continue d’affecter les populations de l’Est de la République démocratique du Congo.
Djiress BALOKI