OIF : vers un duel féminin ? La RDC présente Juliana Amato Lumumba face à la sortante Louise Mushikiwabo

Juliana Lumumba

La République démocratique du Congo a officiellement présenté, vendredi 27 février 2026, la candidature de Juliana Amato Lumumba au poste de Secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). L’annonce a été faite par le ministère de la Communication et des Médias.

Selon le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, cette candidature traduit la volonté de la RDC d’affirmer son leadership au sein de l’espace francophone et de contribuer activement à la transformation de l’OIF face aux défis politiques, culturels, économiques et sécuritaires auxquels sont confrontés ses États membres.

« Plus grand bassin de locuteurs de la langue française, l’avenir de cette belle langue s’écrit aussi grâce à la RDC. Pour une Francophonie plus solidaire, plus proche des peuples, capable d’accompagner les transitions numériques, culturelles et économiques du XXIᵉ siècle », a-t-il écrit sur son compte X.

La candidature congolaise s’inscrit dans un contexte particulier, marqué par la présence à la tête de l’OIF de la Rwandaise Louise Mushikiwabo, en fonction depuis 2019.

Ainsi, l’élection à venir pourrait opposer deux figures féminines d’Afrique centrale, chacune incarnant une vision stratégique de la Francophonie. Cette configuration met en lumière non seulement la dynamique géopolitique régionale, mais également la montée en puissance du leadership féminin africain au sein des grandes organisations internationales.

Fille du premier Premier ministre congolais, Patrice Emery Lumumba, Juliana Amato Lumumba dispose d’une solide expérience en gouvernance publique, diplomatie culturelle et coopération internationale.

Elle a notamment occupé le poste de secrétaire générale de l’Union des Chambres de commerce africaines au Caire entre 2007 et 2015. Sur le plan national, elle a été vice-ministre de la Culture de 1997 à 2001. Elle intervient également comme conférencière internationale sur les questions liées à la promotion des droits des femmes et au leadership africain.

Diplômée de l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) de Paris, polyglotte, elle maîtrise le lingala, le swahili, le français, l’anglais et l’arabe.

Pour Kinshasa, sa désignation repose sur son expérience internationale et son ancrage diplomatique, faisant d’elle une candidate capable de porter la voix du plus grand pays francophone au sein de l’instance stratégique de l’OIF.

Blaise BOZENGE

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