Quand le football éclaire la politique : Julien Paluku tire les leçons des revers du Real Madrid

Julien Paluku, ministre du Commerce extérieur en RDC

Dans une tribune publiée ce 18 janvier 2026, le ministre du Commerce extérieur et doctorant en Sciences politiques à l’UNIKIN, Julien Paluku Kahongya, établit un parallèle original entre le football et la gouvernance politique, à partir d’un constat frappant : même les plus grands peuvent chuter face aux plus modestes.

S’appuyant sur l’histoire du Real Madrid, l’un des clubs les plus titrés au monde, l’auteur rappelle que malgré ses 15 Ligues des champions, 36 Liga et 20 Coupes du Roi, le géant espagnol a été éliminé à douze reprises par des équipes de deuxième division en Coupe nationale. Un paradoxe sportif qu’il transforme en leçon stratégique et politique.

De 1931 à 2026, du Betis à Albacete, en passant par Alcorcón, Alcoyano ou encore Cadix, Julien Paluku dresse une chronologie des éliminations humiliantes du Real Madrid face à des outsiders supposés plus faibles. Ces revers, parfois qualifiés d’historiques, démontrent selon lui que la grandeur passée ne protège pas contre l’échec présent.

Pour l’auteur, ces défaites ne relèvent pas du hasard mais traduisent un mal profond qu’il nomme le « syndrome de la suffisance », souvent premier pas vers la chute, aussi bien dans le sport que dans la politique.

Trois leçons applicables à la gouvernance

Julien Paluku identifie trois enseignements majeurs tirés de ces épisodes sportifs, directement transposables au champ politique.

La première est la déconnexion du terrain. À l’image d’un grand club qui sous-estime un adversaire issu de divisions inférieures, un parti politique ou un dirigeant peut perdre lorsqu’il s’enferme dans une « tour d’ivoire » et ignore les signaux faibles venant de la base sociale.

La deuxième leçon est celle de l’excès de confiance. En football comme en politique, penser la victoire acquise avant l’épreuve conduit souvent à l’échec. « Aucun acquis n’est définitif », rappelle-t-il, en référence aux principes de la Gestion axée sur les résultats (GAR).

Enfin, l’auteur met en avant la force de l’outsider, celui qui n’a « rien à perdre et tout à gagner ». Plus motivé, plus discipliné et souvent plus proche du peuple, l’outsider exploite l’asymétrie non par les moyens financiers, mais par la proximité et la mobilisation.

Au-delà de l’analyse sportive, cette tribune se veut un message adressé aux acteurs politiques congolais, en particulier aux cadres du BUREC, formation politique dont Julien Paluku est une figure majeure, récemment engagée dans la célébration de son 14ᵉ anniversaire.

« Parfois, notre véritable adversaire n’est pas l’autre, mais notre propre négligence », conclut-il, invitant les dirigeants à tirer des leçons partout, y compris dans le football, où les accolades après la défaite valent parfois plus qu’un trophée.

Christiane EKAMBO

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