La 9e édition du Forum national des ministres et chefs de divisions provinciales en charge du Genre s’est ouverte lundi 26 octobre 2026 à Kalemie, dans la province du Tanganyika. À cette occasion, la ministre du Genre, Famille et Enfant, Micheline Ombae Kalama, a exhorté les responsables nationaux et provinciaux à traduire leurs engagements en actions mesurables en faveur des femmes et des filles en République démocratique du Congo (RDC).
Placées sous le thème « Des engagements à l’autonomisation de la femme : bilan des avancées, défis et perspectives », ces assises réunissent les acteurs institutionnels du secteur, les autorités locales ainsi que les partenaires techniques et financiers, autour des avancées enregistrées et des défis qui freinent encore l’autonomisation des femmes dans les différentes provinces du pays.

Présidant la cérémonie d’ouverture, Micheline Ombae Kalama a insisté sur la nécessité d’évaluer objectivement les résultats obtenus depuis la création de ce cadre de concertation en 2015. Pour la ministre, les engagements pris en faveur de l’égalité des genres doivent désormais se traduire par des changements tangibles dans les conditions de vie des femmes et des filles.
« La valeur d’un engagement public ne se juge pas à l’éloquence des discours, mais à la profondeur des changements qu’il produit dans la vie de notre communauté », a-t-elle déclaré, invitant les participants à apprécier les progrès accomplis à travers des indicateurs concrets.
Il s’agit notamment de l’accès des femmes aux ressources économiques, à la formation, au financement et aux postes de décision, autant de leviers essentiels pour renforcer leur autonomie et leur participation au développement national.
Dans son intervention, la ministre a rappelé que l’autonomisation des femmes ne doit pas être perçue comme une faveur, mais comme un droit fondamental et un facteur déterminant du développement de la RDC.
Elle a également souligné l’importance de combattre les normes sociales discriminatoires qui entravent l’épanouissement des femmes et des filles. À cet égard, elle a plaidé pour une implication accrue des hommes et des garçons dans la promotion de l’égalité, notamment à travers la masculinité positive.
Cette approche vise à encourager des comportements responsables et à favoriser une participation collective à la lutte contre les inégalités entre les femmes et les hommes.

La situation des femmes et des filles vivant dans les zones affectées par les conflits a également retenu l’attention de la ministre. Confrontées aux violences, aux déplacements forcés et à la perte de leurs moyens de subsistance, ces populations ont besoin d’une protection adaptée, mais aussi d’opportunités leur permettant de reconstruire leur vie.
Micheline Ombae Kalama a ainsi plaidé pour que ces femmes ne soient pas uniquement considérées comme des personnes vulnérables à protéger, mais également comme des actrices à part entière de la consolidation de la paix et de la reconstruction des communautés.
Cette vision souligne la nécessité de renforcer leur participation aux initiatives de paix et aux mécanismes de relèvement dans les territoires affectés par l’insécurité.
Au-delà des échanges et des évaluations, la ministre a placé la redevabilité au centre des travaux de cette neuvième édition. Elle a exhorté les responsables provinciaux à quitter Kalemie avec des priorités clairement définies, des responsabilités identifiées, des moyens mobilisables et des mécanismes de suivi rigoureux.
Chaque province devra ainsi être en mesure de préciser les engagements pris, les délais de leur mise en œuvre et les résultats attendus. L’objectif est de renforcer la coordination entre les différents niveaux de responsabilité et d’assurer un meilleur suivi des politiques publiques consacrées à la promotion du genre.
Prenant également la parole, le gouverneur du Tanganyika, Christian Kitungwa Muteba, a souhaité la bienvenue aux délégations nationales et provinciales dans sa juridiction. Il a salué la tenue de ces assises consacrées à une question essentielle pour le développement du pays.
Christiane Ekambo