Le Bureau d’expertise locale, Genre et gouvernance locale, en partenariat avec la section Genre de la MONUSCO, ONU-Femmes et le panel d’experts de la résolution 2250, a organisé, mercredi 19 août, une tribune scientifique sur un parlement représentatif, inclusif et sensible au genre.
Cette activité s’est tenue dans la salle Utex de la mission onusienne, en présence des responsables des institutions publiques, des représentants du système des Nations unies, de la société civile, de la jeunesse, des élus locaux ainsi que des journalistes.
Cet atelier avait pour objectif de sensibiliser les différents acteurs afin qu’ils contribuent à l’avènement d’institutions parlementaires plus inclusives et exemptes d’inégalités liées au genre.
Trois interventions ont permis d’apporter du contenu et d’approfondir les échanges. Madame Winnie Litofe, de la section Genre de la MONUSCO, a exposé sur « les notions du genre ». Elle en a rappelé les notions générales ainsi que les différentes perceptions sociétales qu’elles suscitent. Elle a souligné que les stéréotypes motivent des comportements à l’origine des inégalités sociales, politiques et économiques entre les hommes et les femmes, tout en insistant sur la nécessité de s’en affranchir.

Selon Winnie Litofe, ce changement de narratif constitue un levier essentiel pour l’avènement d’un parlement inclusif et sensible au genre en République démocratique du Congo. Elle a également exhorté les participants, hommes et femmes, à s’associer à cette lutte afin de bâtir des institutions équilibrées.
« Sans les hommes, nous ne pouvons rien faire dans ce combat. Si vous nous soutenez, ensemble nous ferons la différence », a-t-elle lancé.
De son côté, Madame Clémentine Sangana, responsable de la section Genre au sein d’ONU-Femmes, a rappelé le rôle normatif de cette entité onusienne. Elle a expliqué qu’ONU-Femmes collabore régulièrement avec l’Union interparlementaire (UIP) dans la mise en œuvre des politiques et stratégies inclusives. Cette synergie joue un rôle catalyseur en conciliant les standards internationaux et les priorités locales.
Dans cette dynamique, elle a invité les institutions nationales à mettre en place des programmes de promotion de la masculinité positive, ainsi qu’à élaborer des budgets plus inclusifs, intégrant les besoins et les spécificités de chaque genre.

Pour sa part, Monsieur Pacifique Nkuzi a rappelé que la présence des femmes dans les assemblées parlementaires reste encore faible. À ce faible taux s’ajoutent les violences dont elles sont victimes. S’appuyant sur une enquête menée par l’UIP, Pacifique Nkuzi a indiqué que près de 65 % des femmes ont subi des comportements sexistes au sein des institutions parlementaires.
Face à ce tableau préoccupant, « l’ambassadeur de la masculinité positive » a présenté un plan d’action stratégique visant à accélérer les réformes en faveur d’un parlement plus inclusif et sensible au genre. Il a notamment appelé à des réformes législatives, à travers l’adoption de lois électorales plus inclusives. Il a également invité les partis politiques à garantir aux femmes un accompagnement politique, financier et logistique lors des élections, ainsi qu’à favoriser leur participation aux processus de médiation.
Toutefois, Pacifique Nkuzi a souligné que la présence des femmes au parlement ne doit pas seulement être numérique, mais également productive en termes d’initiatives et d’influence sur les décisions. Dans cette perspective, il a insisté sur la mise en place de structures de formation afin de renforcer les compétences des femmes.
À l’issue des exposés, une séance de questions-réponses a permis d’enrichir davantage les échanges. Cette rencontre a constitué un moment important de réflexion et d’engagement en faveur d’un parlement réellement représentatif, inclusif et sensible aux enjeux liés au genre.
Blaise Bozenge