Le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme (BCNUDH) a publié son bilan semestriel couvrant la période du 1er janvier au 30 juin 2025. Les chiffres révèlent une dégradation préoccupante de la situation sécuritaire et humanitaire en République démocratique du Congo, portée principalement par l’escalade des violences dans les provinces de l’Est.
Selon le rapport, 2.767 violations et atteintes aux droits de l’homme ont été documentées au cours du semestre, soit une hausse de 11 % par rapport à la période précédente. Les provinces en conflit concentrent 86 % de ces abus, confirmant l’impact direct de l’intensification des affrontements, notamment l’offensive du M23 au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, ainsi que l’activisme continu des groupes armés tels que les ADF et la CODECO.
La province de l’Ituri apparaît comme l’un des épicentres de cette détérioration. Elle totalise 416 violations, en hausse de 21 % par rapport à la même période en 2024. La multiplication des groupes armés – dont la CRP et la CNLC – contribue à cette spirale de violence qui défie les efforts de dialogue intercommunautaire.
Les ADF, particulièrement actifs en Ituri et au Nord-Kivu, ont été identifiés comme responsables de 198 atteintes ayant fait au moins 1.071 victimes. Le groupe continue à cibler les civils en représailles aux opérations des FARDC et de l’UPDF, menant des tueries, enlèvements et actes de pillage.
Le rapport pointe également la responsabilité de l’État dans certaines violations. Les FARDC sont mises en cause dans 425 cas, soit 15 % du total documenté, confirmant la nécessité de renforcer la discipline et la redevabilité au sein des forces régulières.
Dans un contexte de violences persistantes, le BCNUDH poursuit son soutien aux institutions congolaises à travers le suivi, le plaidoyer, le renforcement des capacités et l’appui aux initiatives de lutte contre l’impunité.
Christiane EKAMBO