La rentrée parlementaire à l’Assemblée nationale a été marquée, ce lundi, par un discours empreint d’humilité de son président, Vital Kamerhe, visé par une pétition réclamant sa destitution.
Un appel au pardon
Face aux élus, le président de la Chambre basse a reconnu que certains de ses propos ou attitudes avaient pu heurter des collègues.
« S’il y en a parmi vous qui se sont sentis froissés, heurtés ou dérangés par ma conduite ou mes propos, qu’ils acceptent mes regrets les plus sincères », a déclaré Vital Kamerhe, avant d’ajouter : « J’implore leur pardon ».
Le patron de l’Assemblée a affirmé assumer son sort, rappelant qu’il avait déjà payé un lourd tribut politique. « Le conflit avec le Rwanda m’a déjà coûté le perchoir de l’Assemblée nationale », a-t-il lancé, non sans insister sur sa loyauté à l’égard du pays : « J’ai toujours choisi le camp de la République. Ma fidélité à la patrie demeure intacte ».
Déplorant les « tumultes politiques » qui ne lui ont laissé « que très peu de répit », Vital Kamerhe a conclu son allocution par une citation biblique tirée des Psaumes : « Il est agréable pour des frères de demeurer ensemble dans l’unité ».
Une opposition déterminée
Cependant, son mea culpa n’a pas apaisé ses détracteurs. Les députés pétitionnaires ont maintenu leur démarche pour obtenir sa destitution.
« Le pardon prouve qu’il a détourné », a réagi le député Crispin Mbindule, farouche opposant au président de l’Assemblée.
Ne trouvant pas le bureau disponible, les initiateurs de la pétition ont eu recours à un huissier de justice pour déposer leur document. Déterminé, Crispin Mbindule insiste : « Vital Kamerhe va partir. »
Entre volonté d’apaisement exprimée par Vital Kamerhe et détermination affichée de ses opposants, l’Assemblée nationale s’ouvre sur une session parlementaire sous haute tension. Le sort du président de la Chambre basse devrait se jouer dans les prochains jours, entre tractations politiques et débats houleux.
Christiane EKAMBO