Le mois d’avril 2026 marque une nouvelle étape dans l’offensive diplomatique menée par le Maroc sur la question du Sahara. En l’espace de quelques semaines, Rabat a réussi à consolider et élargir un front international de plus en plus favorable à son initiative d’autonomie, isolant davantage le camp adverse.
Portée par la vision du roi Mohammed VI, cette stratégie dépasse désormais le cadre classique de la diplomatie : elle s’apparente à une véritable démonstration de force sur la scène internationale.
Une série de soutiens en chaîne
Dès le début du mois d’avril, plusieurs pays européens ont réaffirmé leur appui à la proposition marocaine, notamment l’Allemagne et l’Autriche, qui ont mis en avant le caractère « crédible et réaliste » du plan d’autonomie.
Dans la même dynamique, le Royaume-Uni a poursuivi l’application concrète de sa position en intégrant les provinces du Sud dans ses accords avec le Maroc.
À la mi-avril, le mouvement s’est étendu à l’Amérique latine et aux Caraïbes. Des pays comme le Honduras et l’Équateur ont exprimé leur soutien à l’initiative marocaine, confirmant une tendance déjà amorcée ces dernières années dans la région.
Au total, 16 États ont réitéré ou clarifié leur position en faveur du Maroc au cours de ce mois. Il s’agit notamment des pays suivants : l’Équateur, le Mali, le Kenya, les Pays-Bas, l’Allemagne, l’Autriche, le Honduras, le Gabon, le Ghana, l’Égypte, le Royaume-Uni, le Canada, les États-Unis, la Suisse, Sao Tomé-et-Principe et la Zambie.
Ces prises de position traduisent une recomposition progressive des alliances diplomatiques au-delà des sphères traditionnelles d’influence.
Comme on le voit, sur le continent africain, plusieurs États ont renforcé leur alignement avec Rabat, notamment le Gabon et le Ghana, dans un contexte marqué par l’ouverture de consulats à Laâyoune et Dakhla.
Du côté européen, les institutions et plusieurs États membres de l’Union européenne continuent d’intégrer de facto le Sahara dans leurs relations économiques avec le Maroc.
Accords commerciaux, partenariats stratégiques et coopération sectorielle renforcent ainsi une reconnaissance implicite de la souveraineté marocaine.
Au-delà des chiffres, la réalité est avant tout stratégique : il s’agit moins de nouveaux ralliements que d’une accélération des confirmations, clarifications et alignements diplomatiques.
Mais sur le plan politique, l’effet est significatif : le Maroc consolide ses acquis, ses partenaires harmonisent leurs positions, aussi le rapport de force évolue clairement en sa faveur.
Face à cette dynamique, l’Algérie peine à maintenir son influence. Son soutien au Front Polisario et à la République arabe sahraouie démocratique ne trouve plus le même écho sur la scène internationale.
Progressivement, la question du Sahara quitte le terrain idéologique pour s’inscrire dans une logique pragmatique, dominée par les intérêts économiques et géopolitiques.
Avril 2026 n’est pas un simple épisode : il confirme une tendance lourde. Le Maroc ne se contente plus de défendre sa position : il impose progressivement son narratif. Dans cette bataille où diplomatie, économie et communication s’entremêlent, Rabat a pris une longueur d’avance.
Christiane EKAMBO