Dans un hommage vibrant, Nathalie Barge célèbre Oumou Bah Sangaré, ancienne ministre de la Promotion de la Femme, de la Famille et de l’Enfant,, militante et éducatrice malienne disparue le 31 mars à Bamako. Elle met en lumière le courage, la résilience et l’engagement de cette femme exceptionnelle, qui a consacré sa vie à l’émancipation des femmes et à la justice sociale. Son héritage continue d’inspirer toute une génération. Voici l’intégralité de cet éloge.
Eloge à Oumou Bah Sangaré, étoile filante immaculée
Flamme miroir, flamme exaltante. Femme d’espoir, femme battante. Oumou Bah Sangaré, ton passage sur Terre est un acte exemplaire. Force du ciel, force éternelle ; tu es l’essence maternelle, la quintessence universelle, de tout être épris de justice, de toute femme victime d’injustice.
Combien de Oumou Sangaré nous faudra-t-il enterrer, pour que la chère humanité veuille finalement les écouter, prêter l’oreille aux endeuillées, leur donner mille et une raisons de murmurer la résonnance entre le corps inanimé et le silence qu’il inspire?
Car oui Oumou tu as bien dit, et tu avais beaucoup à dire, dans un monde qui se cherche encore, là ou toi tu avais trouvé, là où tu voulais nous guider. Certains t’ont prise par la main, d’autres t’ont barré le chemin ; toi tu as ouvert grand la porte, pour que toute femme se prenne en charge, emprunte la pente escarpée, qui certes nous fait bien suer.
Mais qu’est la sueur d’une pionnière, s’évertuant à avancer, parmi nos armées d’âmes en pleurs, qui grâce à toi se sont dressées, et ont adhéré à ta cause, comme l’enfant reconnait sa mère, lorsqu’il s’éveille d’un long sommeil, en cherchant l’être salvateur?
Oumou, tu nous a enseigné, que la femme est maitresse de loi, et que ses droits sont incarnés au plus profond de nos ainées. Ta résilience est un exemple, et toutes en cœur nous t’emmènerons au panthéon des résistances, celui qui sait la vraie noblesse du féminisme accompli, celui qui ne fâche personne, celui qui uni les esprits, même les plus déterminés.
Femme militante, femme enseignante, merci pour ta persévérance, ton amour de l’être accompli, qui t’a rendue patronne des anges, mère de chaque petit malien, filles et garçons de ton pays, qui aujourd’hui, après hier, qui maintenant, avant demain, se doit d’inscrire un nouveau nom, le nom d’Oumou Bah Sangaré, aux confins des pages de l’histoire. Une histoire déjà commencée, une belle histoire à raconter, afin de la perpétuer. Alors, à vous les historiens! A vos plumes, vous êtes appelés, pour graver le nom d’une dame, qui n’est certes pas inconnue.
Salut Oumou, merci pour tout. Nous n’allons jamais te quitter. Avec nous, tu demeureras. Et un jour, on te rejoindra.
Nathalie Barge, le 31 mars 2026