RDC : 39 cadres du ministère de l’Industrie investis OPJ, une première historique

Le ministère de l’Industrie poursuit sa dynamique de structuration et de renforcement de l’État de droit dans son secteur. Samedi 4 avril 2026, à Kinshasa, 39 de ses cadres ont prêté serment en qualité d’Officiers de police judiciaire (OPJ), constituant ainsi la toute première promotion officielle issue de cette administration.

Cette initiative s’inscrit dans la mission globale du ministère, qui vise à contribuer à la croissance et à la stabilité macroéconomique à travers une politique industrielle dynamique, inclusive et axée sur la valorisation des matières locales.

La cérémonie solennelle s’est déroulée devant le Procureur de la République près le Tribunal de grande instance de Kinshasa/Gombe, Isofa Nkanga Edmond. Dans une formule consacrée, les récipiendaires ont juré « obéissance à la Constitution et aux lois de la République démocratique du Congo, de remplir fidèlement les fonctions qui leur sont confiées et d’en rendre compte à l’officier du ministère public ».

L’événement a connu la présence du ministre intérimaire de l’Industrie, Justin Kalumba, ainsi que du secrétaire général à l’Industrie, l’ingénieur Saturnin Wangwamba. Cette étape intervient à l’issue d’un processus de formation amorcé en 2023 sous le mandat de Julien Paluku, puis renforcé en 2025 sous le ministre Louis Watum.

Dispensée par des magistrats du Parquet près le Tribunal de grande instance de Kinshasa-Gombe, cette formation a porté notamment sur le droit pénal, la procédure pénale, l’organisation judiciaire, les techniques d’enquête criminelle et la rédaction des procès-verbaux.

Pour le secrétaire général Saturnin Wangwamba, cette première promotion marque un tournant.
« Dotée de toutes ces compétences, cette première promotion d’OPJ de l’Administration va sans aucun doute apporter un nouveau souffle dans l’accomplissement des missions régaliennes reconnues à notre administration », a-t-il déclaré.

Le ministre intérimaire Justin Kalumba, pour sa part, a salué l’appui du ministère public dans le renforcement des capacités des cadres. Il a également insisté sur la portée du serment prêté :
« Le serment que vous prêtez aujourd’hui n’est pas un acte symbolique. Il constitue un engagement moral fort qui vous lie à la Nation et à ses valeurs. Il vous oblige à servir avec dévouement, probité et responsabilité ».

Il a en outre rappelé le rôle stratégique des nouveaux OPJ :
« Le bon fonctionnement de l’industrie exige le respect des lois et règlements en vigueur. En tant qu’Officiers de police judiciaire à compétence restreinte, vous êtes désormais investis d’une responsabilité majeure : veiller à l’application des lois, constater les infractions, protéger les intérêts de l’État et garantir un environnement industriel sain et transparent ».

Prenant la parole à son tour, le Procureur de la République a insisté sur la rigueur attendue.
« Vous avez le devoir de me transmettre régulièrement les procès-verbaux que vous aurez établis à l’issue des inspections. Ces documents retracent les infractions constatées. Vous êtes mes pieds, mes bras », a-t-il martelé.

Du côté des récipiendaires, l’enthousiasme et le sentiment de responsabilité sont palpables. Directrice à la Direction de l’inspection au Secrétariat général à l’Industrie, Sitoni Modestine mesure l’importance de cette avancée.
« Le sens de ce serment est vraiment très profond pour nous. Notre travail exige des descentes sur le terrain et un renforcement constant de nos capacités. Cette formation en tant qu’OPJ nous donne les outils nécessaires pour mieux exercer nos missions », a-t-elle expliqué.

Elle souligne également l’impact concret de cette assermentation sur le terrain :
« Certains opérateurs économiques ne prennent pas en considération les agents non assermentés. Il arrive même qu’ils refusent de signer les procès-verbaux. Désormais, avec ce statut, notre travail sera reconnu et mieux respecté. Cela constitue un grand pas en avant pour l’efficacité de nos actions ».

Avec cette première promotion d’OPJ, le ministère de l’Industrie entend ainsi renforcer durablement le respect des normes, la régulation du secteur et la protection des intérêts de l’État, dans une perspective de développement industriel crédible et structuré.

Christiane EKAMBO

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