Africa Forward Summit : la RDC plaide pour une refondation de la gouvernance mondiale axée sur la paix

Félix Tshisekedi, président de la RDC

À l’occasion de la session plénière de haut niveau consacrée aux enjeux de paix et de sécurité en Afrique, organisée en marge de l’« Africa Forward Summit » à Nairobi, au Kenya, la République démocratique du Congo a lancé un vibrant appel en faveur d’une refondation de la gouvernance mondiale autour des impératifs de paix, de justice et d’équité internationale.

Dans son intervention, la RDC a insisté sur la nécessité de bâtir un multilatéralisme « juste et efficace », adapté aux réalités contemporaines. Pour Kinshasa, le système international actuel ne peut plus fonctionner comme un héritage figé du passé, mais doit refléter les aspirations et les défis du monde d’aujourd’hui.

La délégation congolaise a particulièrement plaidé pour une réforme profonde du Conseil de sécurité des Nations unies. Selon la RDC, cette réforme constitue « une condition de survie pour la légitimité internationale » et non une simple faveur accordée au continent africain.

S’appuyant sur le consensus d’Ezulwini et la Déclaration de Syrte, la RDC a réaffirmé la revendication africaine de deux sièges permanents au Conseil de sécurité avec tous les privilèges associés, y compris le droit de veto tant que celui-ci demeure en vigueur.

Face aux conflits meurtriers qui frappent l’Est du pays depuis plusieurs décennies, Kinshasa a également dénoncé le silence de la communauté internationale face aux atrocités de masse. La RDC estime qu’aucun mécanisme institutionnel ne devrait empêcher une réaction internationale lorsqu’il s’agit de crimes de guerre ou de génocides.

Dans cette optique, elle soutient la limitation de l’usage du droit de veto dans les situations d’atrocités massives. « Le droit de veto doit protéger la paix, pas l’impunité », a insisté la délégation congolaise, faisant notamment référence à l’agression rwandaise dénoncée par Kinshasa depuis plusieurs années.

En marge des discussions sur le financement des systèmes de santé, la République démocratique du Congo a également présenté plusieurs réformes engagées sous le leadership du président Félix Tshisekedi. Parmi elles figurent la Couverture Santé Universelle, soutenue par un investissement de plus de 42 millions de dollars, la Taxe de Promotion de la Santé destinée à mobiliser au moins 150 millions de dollars, ainsi que l’Assurance Maladie Obligatoire financée par une contribution solidaire de 2,5 % sur les salaires.

Selon les autorités congolaises, ces initiatives traduisent une volonté de faire évoluer le pays d’un système de santé « assisté » vers un système « financé souverainement ».

Enfin, lors du panel consacré à l’environnement, la RDC a réaffirmé son statut de « pays-solutions » face aux défis climatiques mondiaux. Kinshasa a mis en avant ses vastes forêts, ses tourbières, ses minerais critiques ainsi que son immense potentiel hydroélectrique, considérés comme des atouts majeurs pour la transition énergétique mondiale.

Pour la RDC, cette vocation environnementale dépasse le simple slogan et constitue désormais une responsabilité stratégique à l’échelle internationale.

Rédaction/JDN

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