La ministre du Genre, Famille et Enfant, Micheline Ombae Kalama, a appelé les hauts cadres de l’administration publique congolaise, en particulier les secrétaires généraux, à intégrer pleinement l’approche genre dans les politiques publiques afin de bâtir une gouvernance plus inclusive et plus efficace.

Elle s’exprimait lundi à Kinshasa lors de l’ouverture d’un atelier de sensibilisation réunissant les secrétaires généraux, les directeurs d’études et de planification (DEP) ainsi que les membres des cellules sectorielles genre.
Organisée par le ministère du Genre en partenariat avec ONU Femmes, avec l’appui financier de Union européenne, cette rencontre vise à renforcer la prise en compte des questions de genre dans la gestion publique et les programmes de développement.
Dans son allocution, la ministre a insisté sur la nécessité d’abandonner les approches symboliques au profit d’une véritable transformation des pratiques administratives.
« Le genre n’est pas un slogan, ni un luxe administratif. Il est une question de justice et une exigence d’efficacité publique », a affirmé Micheline Ombae Kalama devant les participants.
Pour la ministre, l’intégration du genre doit permettre de construire une administration « plus juste, plus humaine et plus responsable », capable de placer la dignité humaine au centre de l’action publique.
Elle a également rappelé le rôle stratégique des secrétaires généraux et des directions de planification dans l’élaboration et le suivi des politiques publiques. Selon elle, l’engagement réel en faveur de l’équité se mesure à travers les budgets, les mécanismes de recrutement, les projets et les systèmes d’évaluation mis en place dans les différentes institutions.
La patronne du Genre a par ailleurs dressé un constat préoccupant concernant les cellules sectorielles genre instaurées depuis 2019. Plusieurs de ces structures, a-t-elle regretté, demeurent peu opérationnelles ou insuffisamment structurées.
« Une cellule genre qui ne fonctionne pas, c’est une opportunité de justice qui s’éteint », a-t-elle averti.
Prenant également la parole, Esther Kamwanya a souligné que cette initiative s’inscrit dans une dynamique de renforcement des capacités des hauts fonctionnaires sur les enjeux liés au genre et à l’inclusion dans les politiques publiques.
De son côté, Lauranne Paris a salué une initiative favorisant des échanges « francs et concrets » autour des défis de l’inclusion dans l’administration publique congolaise.
Enfin, ONU Femmes a réaffirmé sa volonté d’accompagner le gouvernement congolais dans ses efforts visant à faire de l’égalité des genres une véritable norme institutionnelle en République démocratique du Congo.
À l’issue des travaux, plusieurs recommandations sont attendues afin de renforcer l’intégration effective de l’approche genre dans les politiques publiques et le fonctionnement de l’administration congolaise.
Christiane EKAMBO