Le Canada est en voie d’accueillir le 21e Sommet de la Francophonie en 2028 dans la région de la capitale nationale. L’annonce a été faite le 1er juillet par le premier ministre canadien Mark Carney, à l’occasion des célébrations de la fête du Canada.
Lors de son discours prononcé sur les plaines LeBreton à Ottawa, le chef du gouvernement canadien a présenté cet événement comme une occasion de mettre en valeur la place du français au Canada et dans le monde. « Nous avons décidé d’emmener le monde au Canada pour célébrer la vitalité, la richesse et la résilience de la langue française dans ce pays et partout dans le monde », a-t-il déclaré, avant d’ajouter : « Le Canada accueillera le Sommet de la Francophonie en 2028, ici même, dans la région de la capitale nationale. Que la fête commence! »
Selon le bureau du premier ministre, les activités du Sommet se dérouleront de part et d’autre de la rivière des Outaouais, impliquant à la fois Ottawa et Gatineau.
L’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) a indiqué que le Conseil permanent de la Francophonie a recommandé que le Canada accueille la prochaine édition du Sommet. Cette recommandation devra être officiellement approuvée lors du Sommet de la Francophonie prévu au Cambodge en novembre prochain.
Toutefois, cette étape est considérée comme une formalité, le Canada étant actuellement le seul pays candidat pour l’organisation de l’événement. Dans un message publié sur le réseau social X, Affaires mondiales Canada a rappelé que le pays est, à ce jour, l’unique prétendant à l’accueil du Sommet de 2028.
L’annonce a été saluée par plusieurs responsables politiques et représentants de la francophonie canadienne.
Le maire d’Ottawa, Mark Sutcliffe, a parlé d’« une grande victoire pour la Ville d’Ottawa et toute la région », estimant que le Sommet attirera des visiteurs issus de nombreux pays francophones et générera d’importantes retombées économiques.
Du côté de la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA), sa présidente Liane Roy a qualifié cette désignation de « très beau cadeau de fête pour l’ensemble du pays ». Selon elle, l’événement offrira une occasion unique de promouvoir la francophonie canadienne sur la scène internationale et de mieux faire connaître le Canada auprès du monde francophone.
Même enthousiasme à l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO). Son président, Fabien Hébert, considère que l’organisation du Sommet dans la région de la capitale nationale permettra de renforcer la visibilité économique et culturelle de l’Ontario. Fort de son expérience au Sommet de la Francophonie organisé en France en 2024, il souligne que ce type de rendez-vous favorise les échanges internationaux et contribue à la croissance économique de la province.
À Gatineau, l’organisme Impératif français voit dans cet événement une opportunité de promouvoir davantage la langue française au Canada. Son président, Wassim Aboutanos, estime que la tenue du Sommet intervient à un moment important pour la francophonie.
« On a besoin d’un événement comme celui-ci au Canada, plus que jamais, devant les différents reculs que le français vit au Québec comme hors Québec », a-t-il déclaré.
Il souhaite également que le Canada profite des années précédant le Sommet pour renforcer concrètement l’usage du français et démontrer son engagement envers la francophonie.
Si le Canada a déjà accueilli à trois reprises le Sommet de la Francophonie à Québec en 1987 et 2008, puis à Moncton en 1999 ce sera la première fois que l’événement se tiendra en Ontario.
La région d’Ottawa-Gatineau possède néanmoins une expérience dans l’organisation de grands rendez-vous francophones. En 2001, elle avait déjà accueilli les Jeux de la Francophonie, réunissant des participants venus de l’ensemble de l’espace francophone.
La confirmation officielle de l’attribution du Sommet au Canada devrait intervenir en novembre 2026 lors du prochain Sommet de la Francophonie au Cambodge, ouvrant ainsi la voie aux préparatifs d’un événement qui réunira plusieurs dizaines de chefs d’État et de gouvernement ainsi que des milliers de participants du monde francophone.
Christiane Ekambo