La ministre de l’Environnement et de la Nouvelle Économie du Climat, Marie Nyange Ndambo, a dénoncé les graves conséquences de l’agression rwandaise sur la biodiversité du parc national des Virunga. Lors du briefing de presse coanimé avec le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya Katembwe, elle a annoncé que le Gouvernement congolais prépare une action devant la Cour pénale internationale (CPI) afin de faire reconnaître les crimes environnementaux commis en République démocratique du Congo.
Répondant à une question sur les destructions enregistrées dans le parc national des Virunga, la ministre a rappelé que cette aire protégée, qui s’étend sur plusieurs provinces de l’est du pays, a subi d’importants dégâts à cause du conflit armé.
« Le parc des Virunga est un grand parc qui couvre plusieurs provinces. L’agression rwandaise a commis des dégâts énormes sur l’environnement et sur toute la biodiversité », a déclaré Marie Nyange Ndambo.
Selon elle, le ministère œuvre désormais pour que les crimes environnementaux, qualifiés d’« écocide », soient considérés comme des crimes imprescriptibles afin que leurs auteurs répondent un jour de leurs actes.
« Le ministère est dans le processus de rendre les crimes environnementaux, que nous qualifions aujourd’hui d’écocide, des crimes imprescriptibles. Au-delà des morts que nous connaissons, le Rwanda répondra un jour des dégâts qu’il a commis sur l’environnement congolais », a-t-elle affirmé.
La ministre a également révélé que la RDC bénéficie de l’appui de partenaires internationaux, notamment la Belgique et le Vanuatu, dans ce combat pour la reconnaissance de l’écocide au niveau international.
« Je travaille avec la Belgique sur cette question. Nous avons commencé ce combat avec le Vanuatu et la Belgique s’est impliquée. Elle dispose déjà d’une loi sur l’écocide », a expliqué la ministre.
Elle a annoncé que le Gouvernement prépare un dossier à soumettre à la Cour pénale internationale.
« Nous sommes en train de nous préparer à aller à la Cour pénale internationale pour porter plainte contre le Rwanda pour les crimes commis contre l’environnement. Ces crimes sont imprescriptibles. Si Kagame ne répond pas, ses enfants répondront ; si ses enfants ne répondent pas, ses petits-enfants répondront, parce que ces crimes sont imprescriptibles », a déclaré Marie Nyange Ndambo.
Malgré les destructions, la ministre estime que le parc des Virunga conserve encore une partie importante de ses richesses naturelles.
« Le parc des Virunga possède encore une partie de ses richesses. Comme il s’agit d’une aire protégée, nous travaillons pour que les forêts et toute cette biodiversité renouvelable puissent être préservées », a-t-elle assuré.
Exploitation du gaz méthane du lac Kivu : « La paix est une condition indispensable »
Interrogée sur l’exploitation du gaz méthane du lac Kivu par le Rwanda alors que la RDC ne valorise pas encore pleinement cette ressource, Marie Nyange Ndambo a souligné que l’insécurité constitue le principal obstacle aux investissements.
« Cela fait près de trente ans que cette guerre nous est imposée par le Rwanda. Pour exploiter une telle ressource, il faut être en paix et maîtriser les territoires dans un contexte non conflictuel. Les investisseurs privés ne peuvent engager leurs capitaux que dans une zone stable et sécurisée », a-t-elle expliqué.
La ministre s’est toutefois montrée confiante quant au retour de la paix, saluant les efforts du Président Félix Antoine Tshisekedi.
« Nous devons garder espoir, parce que le Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi, y travaille sérieusement. Bientôt, nous aurons la paix et nous aurons l’occasion d’exploiter pleinement nos ressources naturelles au bénéfice du peuple congolais », a-t-elle conclu.
Christiane Ekambo