Les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri restent confrontées à une grave crise de protection des civils. Dans son rapport de juillet 2026, le Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme (BCNUDH) recense 417 violations et atteintes aux droits humains dans les provinces en conflit, dont 270 au Nord-Kivu, 91 au Sud-Kivu et 54 en Ituri. Les groupes armés sont mis en cause dans 78 % des cas documentés.
Kinshasa, 29 octobre 2026 – La situation des droits humains demeure extrêmement préoccupante dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), où la persistance des conflits armés continue de faire peser de lourdes menaces sur les populations civiles. Meurtres, blessures, déplacements forcés, destructions d’habitations et restrictions des libertés de communication figurent parmi les faits relevés par le Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme (BCNUDH) dans son rapport consacré au mois de juillet 2026.
Au cours de cette période, le BCNUDH a documenté 417 violations et atteintes aux droits humains dans les provinces en conflit, soit une baisse de 16 % par rapport aux 498 cas recensés en juin. Cette diminution ne saurait toutefois occulter la persistance des violences ni les difficultés auxquelles sont confrontés les mécanismes de protection des civils.
Avec 270 cas documentés en juillet, le Nord-Kivu demeure la province la plus affectée parmi celles citées dans le rapport. Le Sud-Kivu suit avec 91 cas, tandis que l’Ituri en compte 54. Deux cas supplémentaires ont été recensés au Maniema.
Les attaques attribuées aux groupes armés, notamment aux Allied Democratic Forces (ADF) et à l’Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 mars (AFC/M23), continuent d’exposer les populations à des violences meurtrières. En Ituri, l’activisme des ADF dans le territoire de Mambasa et celui de la CODECO dans le territoire de Djugu contribuent également à maintenir un climat d’insécurité.
Les conséquences de ces violences sont multiples : pertes en vies humaines, blessures, déplacements de civils et atteintes aux droits fondamentaux. Les populations contraintes de fuir leurs localités se retrouvent davantage exposées aux risques de protection et aux difficultés d’accès à l’assistance humanitaire.
Au Sud-Kivu, les combats survenus dans les territoires de Fizi et de Mwenga, notamment les 4 et 5 juillet autour de Mulima, ont provoqué des morts et des blessés parmi les civils, de nouveaux déplacements forcés ainsi que des destructions d’habitations. Le rapport signale également des risques accrus de violences sexuelles liées au conflit.
La découverte de fosses communes dans cette province et les alertes relatives à la situation des personnes déplacées internes témoignent de la gravité de la crise humanitaire et des défis auxquels sont confrontés les acteurs chargés de la protection des populations.
Ces événements illustrent les conséquences des affrontements sur les communautés locales, dont les conditions de vie restent fragilisées par l’insécurité et les déplacements répétés.
Le Nord-Kivu a notamment été marqué par une attaque meurtrière attribuée aux ADF. Le 15 juillet 2026, dans les quartiers de Makululu et de Malipizo, dans le territoire de Beni, 11 hommes et une fillette de trois ans ont été tués. Sept autres hommes ont été blessés au cours de cette attaque, selon les informations documentées par le BCNUDH.
L’incident a entraîné des déplacements massifs de populations civiles, confrontées à la nécessité de fuir pour échapper à de nouvelles violences.
Ce drame met une nouvelle fois en évidence la vulnérabilité des civils face aux attaques armées, notamment des enfants, qui comptent parmi les victimes des violences persistantes dans cette partie du pays.
La Rédaction