La ville de Beni, chef-lieu provisoire de la province du Nord-Kivu, a tourné au ralenti ce lundi 19 octobre 2026. Boutiques, magasins, banques, écoles et universités sont restés fermés. Aucun taxi n’était visible dans les rues parcourues par notre reporter. Seules les pharmacies et les structures sanitaires ont poursuivi leurs activités.
Dans plusieurs secteurs de la ville, notre reporter a constaté des étals déserts, des commerces fermés et une faible circulation dans les rues. Des éléments des forces de l’ordre étaient également déployés sur certaines artères afin de veiller au respect de cette mesure, prise dans le cadre de la journée « Stop Ebola », consacrée à la mobilisation communautaire contre la maladie à virus Ebola.
Les personnes rencontrées reconnaissent l’existence de la maladie et affirment avoir respecté cette journée dans le but de contribuer à la lutte contre l’épidémie. Un opérateur économique rencontré lors de la ronde a insisté sur la responsabilité collective dans la prévention.
« Nous avons fait de notre mieux pour respecter cette journée afin de lutter contre la maladie. Stop Ebola est dans l’intérêt de tout le monde. Nous allons faire de notre mieux pour nous impliquer afin de mettre fin à cette maladie. Nous devons respecter toutes les mesures barrières, notamment nous laver régulièrement les mains », a-t-il déclaré.
Si certains habitants saluent cette mobilisation, la suspension des activités commerciales suscite également des inquiétudes chez les personnes qui dépendent de leurs recettes quotidiennes pour subvenir à leurs besoins.
Une commerçante ambulante, qui affirme avoir respecté le mot d’ordre, plaide pour que les vendeurs de produits alimentaires puissent continuer à exercer leurs activités.
« Nous n’avons pas travaillé aujourd’hui pour respecter la journée Stop Ebola. Mais ils devraient permettre à ceux qui vendent des aliments de travailler, parce que nous avons des enfants et que nous devons quand même acheter de la nourriture », a-t-elle expliqué.
Dans le quartier Biautu, le président de la jeunesse, Michel Mulonga, estime lui aussi que la population a suivi le mot d’ordre, tout en soulignant les conséquences économiques de cette interruption des activités.
« Nous avons suivi sur les réseaux sociaux que la journée de ce lundi était consacrée à Stop Ebola. Nous constatons qu’elle a été respectée par la population. Cependant, cela a paralysé les activités. Vous le savez, nous vivons au taux du jour », a-t-il fait savoir.
Gloire Tsongo, à Beni