Beni : une femme ambassadrice de la paix alerte sur les dangers de la pollution des rivières

Bushagaluke Kasigwa Consolata, membre du Réseau des femmes ambassadrices de la paix et médiatrice des conflits

La pollution des cours d’eau constitue une préoccupation environnementale et sanitaire dans la ville de Beni, au Nord-Kivu. Bushagaluke Kasigwa Consolata, membre du Réseau des femmes ambassadrices de la paix et médiatrice des conflits, appelle la population à changer les comportements qui contribuent à la dégradation des rivières.

Les déchets ménagers et autres immondices déversés dans les cours d’eau exposent les populations riveraines à plusieurs risques. Cette situation affecte également les ménages qui utilisent l’eau pour différentes activités quotidiennes, ainsi que les enfants qui peuvent être en contact avec des eaux insalubres.

Dans une interview exclusive accordée au Journal des Nations ce mercredi 19 août 2026, Bushagaluke Kasigwa Consolata estime que la protection de l’eau doit être considérée comme une responsabilité collective. Pour elle, les femmes ont un rôle particulier à jouer, compte tenu de leur implication dans la gestion des activités familiales.

« La femme est la protectrice de la vie, donc de toute la famille. Si cette question nous préoccupe, c’est parce qu’une fois que l’eau est polluée, ça amène beaucoup de conséquences d’abord dans la famille. La protection de l’eau, c’est une des obligations de l’être humain », explique-t-elle.

Les conséquences de cette pollution dépassent ainsi le cadre environnemental. La médiatrice des conflits évoque notamment des maladies liées à l’insalubrité, parmi lesquelles le paludisme, les maladies diarrhéiques et le choléra. Les enfants sont également exposés lorsqu’ils jouent dans des eaux contaminées.

Plusieurs cours d’eau sont concernés par cette problématique dans la ville de Beni, notamment les rivières Biautu, Tuha, Kilokwa, Mabakou et Munyabelu. La situation interpelle particulièrement les habitants riverains, mais aussi les autorités chargées de l’assainissement et de la protection de l’environnement.

Pour Bushagaluke Kasigwa Consolata, les femmes et les jeunes peuvent contribuer à inverser cette tendance à travers la sensibilisation. Elle estime que la lutte contre la pollution doit commencer par les comportements individuels, notamment l’abandon des déchets dans les rivières et les ruisseaux.

« Le rôle des femmes et des jeunes, d’abord, c’est de sensibiliser la communauté sur la non-salubrité, sur le fait de ne pas jeter des ordures dans l’eau, les rivières et les ruisseaux qui sont autour de nous, parce que ça a beaucoup de conséquences », souligne-t-elle.

La responsabilité incombe également aux autorités et aux opérateurs économiques. L’actrice de la paix demande notamment la mise en place de poubelles publiques pour permettre aux habitants de mieux gérer leurs déchets. Elle appelle aussi les entreprises qui utilisent d’importantes quantités d’eau à traiter correctement leurs eaux usées avant leur rejet dans la nature et à respecter les normes en matière de protection de l’eau.

Au-delà des mesures publiques, elle invite chaque habitant à prendre conscience de l’impact de ses actes sur les générations futures. Pour elle, polluer un cours d’eau ne concerne pas uniquement l’endroit où le déchet est jeté, puisque l’eau poursuit son chemin et peut exposer d’autres communautés aux conséquences de cette pollution.

La protection des rivières apparaît ainsi comme un enjeu qui dépasse la seule question environnementale. Elle touche à la santé publique, à la responsabilité citoyenne et à la préservation des conditions de vie des générations futures.

Gloire Tsongo, à Beni

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