La question du financement du processus électoral a dominé les échanges à l’Assemblée nationale lors de la présentation du rapport annuel 2025-2026 de la Commission électorale nationale indépendante (CENI). À l’issue des débats, les députés nationaux ont plaidé pour la mise à disposition, dans les délais, des ressources nécessaires à l’institution électorale afin de lui permettre d’assurer efficacement la préparation des prochaines échéances électorales.

Présenté par le président de la CENI, Denis Kadima Kazadi, devant une plénière dirigée par le président de l’Assemblée nationale, Aimé Boji Sangara, ce rapport dresse un état des lieux du processus électoral en cours, des défis rencontrés et des perspectives en vue des élections générales prévues en 2028.
Dans son exposé, Denis Kadima a rappelé que la CENI a poursuivi les opérations électorales du cycle 2022-2027, notamment à travers l’organisation des élections indirectes des sénateurs ainsi que des gouverneurs et vice-gouverneurs dans les provinces du Kwilu et du Nord-Ubangi. Ces scrutins, reportés à la suite de l’annulation des élections législatives à Masi-Manimba et Yakoma, se sont déroulés « en toute transparence et sans incident majeur », contribuant ainsi à rétablir la continuité institutionnelle dans ces entités.
Des scrutins locaux bloqués par le manque de financement
Le président de la CENI a également évoqué les préparatifs engagés pour l’organisation des élections des conseillers urbains, des bourgmestres, de leurs adjoints ainsi que des maires et maires adjoints.
Cependant, malgré l’enregistrement des candidatures et la publication du calendrier électoral, ces scrutins n’ont pas pu être organisés en raison de l’absence de financement.
Selon Denis Kadima, cette situation ne résulte ni d’un défaut de planification ni d’une inaction de la CENI, mais d’une contrainte budgétaire majeure. Il a insisté sur le fait que la réussite des opérations électorales dépend directement de la disponibilité effective des ressources financières nécessaires.
Le rapport met également en avant les efforts déployés par la centrale électorale pour renforcer sa coopération avec les institutions nationales et les partenaires internationaux.
Parmi les réalisations majeures figure la transmission officielle du fichier électoral à l’Office national d’identification de la population (ONIP) le 19 février 2026, une étape importante dans le processus de modernisation administrative de la République démocratique du Congo.
Sur le plan international, la CENI s’est illustrée par son rôle au sein du Réseau des organes de gestion électorale d’Afrique centrale, créé à Bujumbura, au Burundi. La RDC a été élue à l’unanimité à la présidence de cette nouvelle structure régionale.
L’institution électorale poursuit également un vaste chantier de réformes. Une évaluation approfondie de la loi relative à l’identification et à l’enrôlement des électeurs ainsi que de la loi électorale a été menée afin d’améliorer le cadre légal et opérationnel des futurs scrutins.
La CENI ambitionne notamment de renforcer la représentativité, simplifier certaines procédures administratives et intégrer davantage les nouvelles technologies, notamment à travers le dépôt électronique des candidatures parallèlement aux procédures traditionnelles.
« Ces ambitions ne pourront se concrétiser sans une prise de conscience collective de l’ampleur des défis auxquels l’institution est confrontée », a déclaré Denis Kadima.
Il a rappelé que la RDC demeure l’un des environnements électoraux les plus complexes au monde en raison de l’immensité du territoire, des contraintes logistiques, sécuritaires et financières, ainsi que des délais souvent très serrés imposés au processus électoral.
À l’issue de la présentation, plusieurs députés ont salué les efforts fournis par la CENI et la détermination de son personnel pour mener à bien sa mission dans un contexte difficile.
Les élus ont particulièrement insisté sur la nécessité d’assurer un financement prévisible et disponible à temps afin d’éviter les retards observés dans certaines opérations électorales et de permettre à l’institution d’améliorer davantage ses performances.
Après examen, l’Assemblée nationale a déclaré recevable le rapport annuel 2025-2026, estimant son contenu pertinent et conforme aux exigences légales.
En conclusion, Denis Kadima a appelé l’ensemble des acteurs nationaux à faire de la question électorale une priorité permanente afin de consolider la démocratie congolaise.
« C’est dans cet esprit de responsabilité partagée, de dialogue et d’engagement républicain que nous comptons poursuivre ensemble la consolidation de notre démocratie. Je vous invite donc à être les gardiens du processus électoral et les artisans des réformes dont le pays a besoin », a-t-il déclaré.
Christiane EKAMBO