L’administration publique est restée sous haute surveillance ce mercredi à Kinshasa. À la suite de l’appel à une journée « ville morte » lancé par l’opposition, le vice-Premier ministre en charge de la Fonction publique, Jean-Pierre Lihau, a mis en œuvre son avertissement en dépêchant des équipes d’inspection dans les services publics afin de vérifier la présence effective des agents et cadres de l’État à leurs postes de travail.

Selon un ordre de réquisition signé par l’Inspecteur général de l’Administration publique, Jean-Pierre Ikyo Mbaka, plusieurs équipes composées d’inspecteurs principaux et d’inspecteurs de l’Inspection générale de l’Administration publique (IGAP) ont été déployées dans différentes administrations et services publics de l’État.
La mission confiée à ces inspecteurs est claire : s’assurer du fonctionnement régulier des services publics, collecter les listes de présence de la journée du 3 juin 2026 et faire rapport à la hiérarchie. La mission, prévue sur deux jours ouvrables, du 3 au 4 juin, est financée par le Trésor public.
Lihau rappelle le devoir de neutralité de l’administration
Dans une note adressée aux secrétaires généraux, inspecteurs généraux et directeurs généraux des services publics de Kinshasa, Jean-Pierre Lihau avait prévenu que l’appel à la « ville morte » ne reposait sur aucun fondement légal applicable à l’administration publique.
Le ministre s’est notamment appuyé sur l’article 193 de la Constitution, qui consacre le caractère apolitique, neutre et impartial de l’administration publique, ainsi que sur les dispositions réglementaires régissant les obligations des fonctionnaires de l’État.
Il avait également annoncé que les rapports détaillés des présences et absences des agents seraient transmis à son cabinet au plus tard le 20 juin prochain, laissant entendre que les absences injustifiées pourraient faire l’objet d’un examen administratif.
Alors que la journée de travail n’était pas encore terminée, plusieurs témoignages recueillis dans certaines administrations faisaient état d’une forte attente autour de l’arrivée des équipes de contrôle.
À 14 heures, soit deux heures avant la fin officielle de la journée de service fixée à 16 heures, de nombreux agents et cadres étaient toujours présents dans leurs bureaux, attendant le passage des inspecteurs chargés de constater leur présence effective.
Cette situation témoigne de l’attention particulière accordée par les autorités à cette journée, considérée comme un test de discipline administrative face à un mot d’ordre politique extérieur à la Fonction publique.
À travers cette opération de contrôle, le gouvernement entend réaffirmer le principe de continuité du service public et rappeler aux agents de l’État leurs obligations professionnelles.
Pour les autorités, les services publics doivent continuer à fonctionner normalement, indépendamment des tensions ou des appels politiques susceptibles de perturber les activités dans la capitale.
Le déploiement des inspecteurs dans les administrations apparaît ainsi comme la traduction concrète de la mise en garde formulée par Jean-Pierre Lihau à l’endroit des fonctionnaires, dans un contexte où le gouvernement entend préserver la neutralité de l’appareil administratif et garantir le fonctionnement régulier des services de l’État.
Rédaction/JDN