Le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Roger Kamba, a présenté jeudi à Kinshasa les avancées enregistrées dans la lutte contre l’épidémie d’Ebola de souche Bundibugyo. C’était au cours d’un briefing presse coanimé avec le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, également porte-parole du gouvernement.
Face aux journalistes réunis au Studio Mama Angebi de la RTNC, le ministre a souligné les efforts consentis par les autorités sanitaires pour renforcer le dispositif de riposte, notamment en matière de diagnostic, de suivi des contacts et de prise en charge des malades.
Roger Kamba a toutefois reconnu que la situation demeure préoccupante dans certaines zones, particulièrement au Nord-Kivu où la proportion de décès reste élevée par rapport au nombre de cas recensés.
Selon lui, cette situation s’explique principalement par une détection tardive de plusieurs malades lors des premiers jours de l’épidémie.
« Lorsque les patients arrivent tardivement dans le système de prise en charge, les risques de complications et de décès augmentent considérablement », a-t-il indiqué.
À ce jour, près de 233 personnes sont suivies dans différentes structures sanitaires. Certaines sont maintenues en observation dans l’attente des résultats d’analyses, tandis que d’autres bénéficient déjà d’un traitement adapté après confirmation de leur infection.
L’épidémie continue de toucher trois provinces du pays. Au total, 25 zones de santé sont concernées, dont 17 en Ituri, 7 au Nord-Kivu et une au Sud-Kivu.
Des capacités de dépistage fortement renforcées
Le ministre de la Santé a particulièrement insisté sur les progrès réalisés dans le domaine du diagnostic. Grâce à l’extension du réseau de laboratoires et à l’acquisition de nouveaux équipements, les équipes médicales disposent désormais d’outils performants permettant une confirmation rapide des cas.
La méthode de dépistage RapidOne, actuellement utilisée sur le terrain, offre une fiabilité élevée avec un taux très faible de faux négatifs, a-t-il expliqué.
Pour soutenir cette montée en puissance, plus de 4 000 kits de dépistage ont été mis à la disposition du pays grâce à l’appui du Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), complété par des financements de la Banque mondiale.
Le gouvernement a également procédé à l’installation de nouveaux laboratoires de proximité. À Mongwalu, localité située à une soixantaine de kilomètres de Bunia, les analyses peuvent désormais être réalisées directement sur place, réduisant considérablement les délais de traitement.
Grâce à ces nouvelles infrastructures, les résultats des prélèvements sont désormais disponibles dans un délai maximal de 24 heures.
Cette amélioration permet aux autorités sanitaires de confirmer ou d’écarter rapidement les cas suspects et d’orienter sans délai les patients vers les structures appropriées.
Autre indicateur encourageant présenté par le ministre : l’amélioration du suivi des personnes ayant été en contact avec des malades confirmés.
Au début de l’épidémie, seules une faible proportion des personnes exposées étaient effectivement localisées et suivies. Aujourd’hui, le taux de traçage dépasse 55 %, une progression jugée significative par les autorités sanitaires.
Cette surveillance renforcée permet d’identifier rapidement les personnes à risque, de suivre quotidiennement leur état de santé et d’intervenir dès l’apparition des premiers symptômes.
Les contacts considérés comme les plus exposés bénéficient d’un suivi encore plus strict pouvant, dans certains cas, inclure des mesures d’isolement préventif.
Le gouvernement ambitionne désormais d’atteindre un taux de traçage de 90 %, considéré comme un seuil déterminant pour casser efficacement les chaînes de transmission.
Parallèlement, les autorités ont renforcé les capacités d’accueil et de prise en charge des centres de traitement Ebola. De nouvelles structures ont été déployées dans les zones les plus affectées afin de répondre à l’augmentation des besoins.
Roger Kamba a assuré que les équipements de protection individuelle destinés aux soignants sont disponibles en quantité suffisante. Les patients pris en charge bénéficient également d’une couverture complète incluant les soins, l’alimentation et l’accompagnement médical.
Pour le gouvernement, ces avancées traduisent une montée en puissance progressive de la riposte nationale et témoignent de la mobilisation continue des équipes sanitaires engagées dans la lutte contre l’épidémie d’Ebola Bundibugyo.
Christiane EKAMBO