Face aux interrogations sur les divergences de chiffres entre le gouvernement congolais et certaines agences internationales dans le cadre de l’épidémie d’Ebola, les ministres de la Santé publique, Dr Roger Kamba, et de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya, ont apporté des clarifications lors du briefing presse tenu mardi 27 mai à Kinshasa.
Répondant à une question sur la différence des données publiées par le gouvernement et celles relayées par des organismes internationaux, le ministre de la Santé a insisté sur le fait que la seule autorité habilitée à communiquer les chiffres officiels reste le ministère de la Santé.
« Les chiffres que nous donnons proviennent directement de nos agents sur le terrain. Ce sont nos infirmiers, nos agents communautaires et nos équipes médicales qui travaillent dans les provinces et remontent les données », a expliqué Roger Kamba.
Le ministre a précisé que les organisations comme l’OMS ou Africa CDC ne disposent pas d’équipes opérationnelles propres sur le terrain, mais s’appuient sur les informations fournies par les services sanitaires congolais.
Selon lui, les chiffres évoluent constamment en raison des investigations et des vérifications en cours. Il a illustré cette réalité par l’exemple des cas suspects qui peuvent être retirés après des tests négatifs ou, au contraire, ajoutés après de nouvelles confirmations. « Je peux vous dire maintenant que nous avons 1.000 cas suspects, mais en rentrant, on peut m’informer que 50 cas ont été retirés après des tests négatifs et que 60 nouveaux cas ont été ajoutés. Les chiffres changent en permanence », a-t-il expliqué.
Roger Kamba a également indiqué qu’il hésite souvent à communiquer des statistiques tant que les données ne sont pas totalement consolidées. « Même au Conseil des ministres, ma note arrive souvent en dernier parce que je continue toujours à mettre les chiffres à jour », a-t-il confié. Le ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya, a pour sa part appelé les médias et l’opinion publique à éviter toute confusion ou interprétation alarmiste autour des chiffres de l’épidémie. « Il ne faut pas donner l’impression qu’il existe une communication A du gouvernement et une communication B des partenaires internationaux sur un même événement », a-t-il déclaré. Le porte-parole du gouvernement a rappelé que la RDC a fait le choix de la transparence depuis le début de cette épidémie et que les chiffres communiqués aux partenaires internationaux proviennent des services sanitaires congolais.
Patrick Muyaya a également expliqué que l’évolution des chiffres suit le rythme des investigations médicales et des tests effectués sur le terrain. « Plus les investigations avancent et plus les cas analysés augmentent, les chiffres peuvent donc monter. Ensuite, lorsqu’on atteint un plateau grâce à la riposte et aux traitements, les chiffres commencent progressivement à baisser », a-t-il expliqué. Les deux ministres ont enfin rendu hommage aux médecins, infirmiers et personnels de santé mobilisés dans la lutte contre Ebola à travers le pays.
Blaise Bozenge