Le Gouvernement congolais prévoit de mettre en place l’enseignement à distance dans 18 zones de santé à haut risque d’Ebola dès la rentrée scolaire 2026-2027. Le Parlement d’enfants, coordination du Grand Nord-Kivu, salue cette initiative, mais exprime des inquiétudes quant aux conditions de sa mise en œuvre.
La mesure a été annoncée mardi 18 août par la ministre de l’Éducation nationale, Raïssa Malu. Elle vise à permettre aux enfants de poursuivre leur apprentissage tout en réduisant les risques de transmission du virus dans les établissements scolaires.
Dans les zones concernées, des contenus pédagogiques devraient être préparés et distribués régulièrement sous forme de supports imprimés, mais aussi diffusés à travers les radios locales et communautaires.
Le Parlement d’enfants estime que cette mesure peut contribuer à protéger les élèves face à l’épidémie. Son porte-parole, Georges Ngumayiri, appelle cependant le Gouvernement à veiller à sa mise en œuvre effective, alors que la rentrée scolaire est prévue dans quelques jours.
« C’est vraiment une décision qui, si elle se mettait en application sans faille et en respectant tout ce qui est prévu, pourra nous aider à lutter contre la propagation de la maladie à virus Ebola et contribuer à une protection responsable de tous les enfants. Mais nous avons certaines inquiétudes par rapport à l’applicabilité de cette mesure », déclare Georges Ngumayiri.
La structure s’interroge notamment sur la préparation des élèves et des enseignants à ce nouveau mode d’apprentissage. Elle relève également les difficultés liées à l’accès aux outils informatiques, à l’électricité et à la connexion internet, particulièrement dans certaines zones où ces services restent limités.
Pour le Parlement d’enfants, l’enseignement à distance ne doit pas accentuer les inégalités entre les élèves. Les autorités sont donc appelées à s’assurer que les enfants disposent réellement des moyens nécessaires pour suivre les cours.
« Nous sommes en train de nous demander s’il y a déjà des préparatifs sur cette mesure. Les enfants doivent être préparés psychologiquement et formés à l’utilisation des outils informatiques. Il faut aussi se rassurer qu’il y a du courant et de la connexion, sinon cela risque d’impacter négativement l’éducation des enfants », poursuit le porte-parole.
La question de l’accompagnement pédagogique reste également importante. Georges Ngumayiri souligne que les enfants n’ont pas tous les mêmes capacités d’apprentissage. Certains comprennent rapidement, tandis que d’autres ont besoin de répétitions, d’exercices ou d’une intervention plus particulière de l’enseignant.
Le Parlement d’enfants appelle ainsi les autorités éducatives et sanitaires à anticiper les difficultés avant la rentrée, afin que cette mesure, destinée à protéger les enfants, puisse également garantir la continuité et la qualité de leur éducation.
Gloire Tsongo, à Beni