Le climat sécuritaire continue de se détériorer dans les provinces du Haut-Katanga et du Lualaba. Dans un rapport d’alerte publié récemment, le Cadre de concertation de la société civile du Haut-Katanga, à travers son Observatoire citoyen de sécurité régionale, fait état d’une série d’incidents violents enregistrés entre le 5 et le 9 mai 2026.
Le document évoque plusieurs assassinats, enlèvements, braquages et agressions armées ayant causé la mort de cinq personnes, en plus de plusieurs blessés graves et disparus.
À travers cette communication signée par son coordonnateur provincial, Bertin Tshoz, l’organisation citoyenne dénonce une montée inquiétante de la criminalité dans l’espace Grand Katanga. Selon elle, les populations sont de plus en plus exposées à des actes de violence devenus fréquents aussi bien dans les centres urbains que sur les principaux axes routiers.
Parmi les faits recensés figure la mort d’Augustin Mbuyu, tué le 8 mai dernier dans le quartier Mutoshi à Kolwezi, dans la commune de Dilala. D’après le rapport, des hommes armés lui auraient tiré dessus alors qu’il s’était arrêté dans une boutique pour acheter des unités téléphoniques après sa journée de travail.
Dans le territoire de Mutshatsha, toujours dans le Lualaba, un ressortissant chinois a également perdu la vie lors d’une attaque survenue sur l’axe Kisankala-Kisanfu. Son conducteur, grièvement blessé, a survécu à cette embuscade attribuée à des bandits armés opérant dans la zone.
Le rapport revient également sur l’assassinat du géologue Dominique Sambwa et de son chauffeur sur la route Likasi-Kambove, à proximité du village Bungu-Bungu. Les deux hommes revenaient d’un site minier vers Likasi lorsqu’ils auraient été interceptés puis abattus par des individus armés non identifiés.
À Lubumbashi, la société civile rapporte aussi l’enlèvement du chef coutumier Kyiona Ngoie dans la commune Annexe. Selon les informations relayées, des hommes lourdement armés auraient fait irruption à son domicile le 5 mai avant de repartir avec lui ainsi que quatre autres personnes, dont des voisins venus s’enquérir de la situation.
Le rapport mentionne également la disparition de Kibende Malu Carrel, habitant du quartier Bel-Air dans la commune Kampemba, dont la famille est sans nouvelles depuis plusieurs jours.
À Kolwezi, des hommes armés ont semé la panique le 9 mai près des installations d’ARCADIA et de CFAO. Plusieurs commerces auraient été attaqués en pleine journée, faisant au moins deux blessés graves, selon les informations compilées par l’organisation citoyenne.
Les routes reliant Lubumbashi, Likasi et Kolwezi figurent également parmi les zones jugées à haut risque. D’après la société civile, plusieurs voyageurs auraient été victimes d’agressions ces derniers jours, au point que certains tronçons sont désormais évités par les usagers pendant la nuit.
Le bilan provisoire dressé par l’organisation fait état de cinq morts, cinq personnes disparues ou kidnappées ainsi que cinq blessés graves enregistrés en l’espace de quelques jours seulement.
Face à cette situation, la société civile appelle les autorités congolaises à agir rapidement afin de restaurer la sécurité dans l’espace Grand Katanga. Elle réclame également l’ouverture d’enquêtes sérieuses sur certaines accusations faisant état de la présence d’hommes en tenue militaire parmi les auteurs présumés de plusieurs attaques armées recensées dans la région.
Guillaume MABALA