Dans la province du Nord-Kivu, les producteurs et transporteurs de cacao de la ville Beni dénoncent les difficultés auxquelles ils seraient confrontés à la barrière de Sayo, où se multiplient contrôles et perceptions. Ils appellent les autorités à clarifier les règles, les frais et les conditions de circulation, afin de faciliter l’évacuation des récoltes tout en luttant contre la fraude.
Dans une déclaration faite à Beni lundi 21 septembre 2026, les habitants demandent aux autorités de clarifier les conditions de contrôle ainsi que les différentes perceptions effectuées à ce point de passage.
« Nous constatons la présence de plusieurs services et agents à cette barrière, notamment l’ANR, les services de l’agriculture/agronomie, la sécurité et d’autres services dont la population souhaite connaître clairement les missions et les bases légales de leur présence », peut-on lire dans cette déclaration.
Le transport du cacao sec constitue le principal sujet de préoccupation. Les habitants souhaitent notamment que les documents exigés, les frais officiellement reconnus ainsi que les conditions pouvant justifier l’interruption du déplacement d’un produit agricole soient clairement établis.
Ils précisent toutefois que leur démarche ne remet pas en cause les opérations visant à lutter contre la fraude.
« Nous sommes favorables à la traçabilité du cacao, à la lutte contre la contrebande et au respect de la réglementation », soulignent-ils.
La population évoque également le paiement quotidien de 1 000 francs congolais au niveau de la barrière. Elle demande aux autorités compétentes d’en vérifier la légalité, la destination et les justificatifs.
Les habitants appellent par ailleurs à une réorganisation du fonctionnement de cette barrière et à une concertation entre les différentes parties concernées, afin de réduire les difficultés auxquelles seraient confrontés les acteurs de la filière cacao.
Ils souhaitent enfin que la route de Sayo puisse pleinement jouer son rôle de desserte agricole et faciliter l’évacuation des productions locales.
« Notre message est simple : lutter contre la fraude, oui ; tracasser les agriculteurs, non », concluent les habitants dans leur déclaration.
Gloire Tsongo, à Beni