À Watalinga, dans le groupement Bahumu, un infirmier de l’aire de santé de Bugando tire la sonnette d’alarme face à la montée préoccupante de l’automédication. Cette pratique, de plus en plus courante dans la région, compromet gravement la santé des habitants.
S’adressant à la presse ce jeudi 7 août 2025, l’agent de santé a déploré le fait que de nombreux malades sont désormais soignés à domicile, sans prise en charge médicale adéquate. Cette tendance se traduit par une nette baisse de fréquentation des structures de santé.
« La fréquentation a diminué, alors qu’il y a beaucoup de malades à la maison. Tous les cas que nous recevons sont déjà graves et nécessitent une hospitalisation. Il n’y a presque plus de consultations simples. Cela résulte directement de l’automédication », a-t-il alerté.
Il explique également que cette situation coïncide avec la proximité de la période des « soins gratuits », au cours de laquelle la population préfère attendre, espérant bénéficier d’une prise en charge gratuite, au lieu de consulter à temps.
« Le mois dernier, on nous a amené plusieurs enfants souffrant de convulsions ou d’anémie sévère, souvent à cause d’un paludisme négligé. S’ils avaient été pris en charge tôt, on aurait pu les sauver sans complications », regrette-t-il.
Au-delà de l’automédication, un autre phénomène inquiétant est observé : des patients quittent l’hôpital en cachette, sans avoir réglé leur facture. Pour le seul mois de juillet, environ 30 % des malades auraient fui sans honorer leurs frais médicaux, causant un manque à gagner qui affecte lourdement le fonctionnement du centre de santé.
Face à cette double menace, l’infirmier appelle la population à faire preuve de responsabilité, rappelant que la santé n’a pas de prix. Il précise que des actions de sensibilisation sont en cours, en collaboration avec les relais communautaires, pour décourager l’automédication et promouvoir une culture sanitaire responsable.
Gloire TSONGO/ Beni