RDC : Eliezer Tambwe dresse le bilan d’une année d’action en faveur des anciens combattants et de la paix dans le Grand Bandundu

Eliezer Tambwe, ministre délégué près le ministre de la Défense nationale, chargé des Anciens combattants

Une année placée sous le signe de la réforme, de la reconnaissance et de la réinsertion. Le ministre délégué près le ministre de la Défense nationale, chargé des Anciens combattants, Eliezer Tambwe, a présenté le bilan de sa première année d’action gouvernementale, mettant en avant plusieurs initiatives destinées à améliorer les conditions de vie des anciens combattants et à contribuer à la restauration de la paix dans le Grand Bandundu.

Parmi les principaux chantiers engagés figurent l’identification biométrique des anciens combattants, la sécurisation de leur patrimoine, l’amélioration de leur prise en charge sociale et médicale ainsi que la réforme de leur cadre juridique.

Le ministre a également fait le point sur les efforts entrepris dans le processus de désarmement et de réinsertion des personnes impliquées dans le phénomène Mobondo.

L’un des chantiers prioritaires du ministère a porté sur l’identification biométrique des anciens combattants. Cette opération vise à établir un fichier national fiable et à mettre fin aux irrégularités qui peuvent affecter leur prise en charge.

Eliezer Tambwe a expliqué que cette démarche repose sur quatre priorités : l’identification, la gestion du patrimoine, la prise en charge sociale et médicale ainsi que la réforme du cadre juridique.

Des missions menées notamment à Kinshasa et au Kasaï Oriental ont, selon le ministre, permis de relever des écarts importants entre les effectifs déclarés et la réalité constatée sur le terrain.

L’opération se poursuit dans plusieurs provinces afin de disposer d’une base de données biométrique crédible permettant à l’État de mieux cibler ses interventions.

Le Gouvernement s’est également engagé dans la récupération et la sécurisation des biens appartenant historiquement aux anciens combattants.

Selon Eliezer Tambwe, plusieurs concessions ont été occupées ou spoliées au fil des années, notamment à Kinshasa, Matadi, Lubumbashi et Likasi.

Sur décision du Conseil des ministres, des démarches administratives et judiciaires sont engagées pour récupérer ces biens et préserver les droits des anciens combattants confrontés aux litiges fonciers et aux occupations irrégulières.

Sur le plan social, des mesures d’urgence ont été mises en place pour répondre aux besoins immédiats des anciens combattants.

Parmi elles figure la création d’une cantine populaire, en partenariat avec le Service national. Une équipe mobile de secours médical a également été constituée afin de pouvoir intervenir directement auprès des anciens combattants malades, notamment ceux qui éprouvent des difficultés à se déplacer vers les structures sanitaires.

À plus long terme, le Gouvernement travaille sur un projet de construction d’un hôpital national de référence dédié aux anciens combattants, dont le modèle s’inspire notamment d’expériences développées au Maroc et en France.

Sur le terrain législatif, l’adoption du projet de loi portant statut des anciens combattants constitue l’une des principales avancées mises en avant par le ministre.

Déjà adopté à l’unanimité par l’Assemblée nationale, le texte fait actuellement l’objet d’un travail en commission. Il doit notamment permettre de définir clairement la qualité d’ancien combattant, les droits qui en découlent et les mécanismes de prise en charge des différentes catégories concernées.

Le ministre a par ailleurs rappelé que les blessés de guerre suivent une procédure spécifique relevant du Secrétariat général à la Défense nationale, avant leur éventuel transfert vers le Secrétariat général aux Anciens combattants dans le cadre du futur dispositif légal.

Grand Bandundu : 12 missions pour favoriser le désarmement des Mobondo

L’autre volet important du bilan concerne la situation sécuritaire dans le Grand Bandundu, marqué ces dernières années par les violences liées au phénomène Mobondo.

Eliezer Tambwe a indiqué avoir été chargé par le Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, de coordonner les actions liées à ce dossier en collaboration avec les Forces armées de la République démocratique du Congo.

La démarche engagée a consisté à identifier les acteurs impliqués dans le conflit, puis à privilégier la sensibilisation et le dialogue afin d’encourager le dépôt volontaire des armes.

À ce jour, douze missions de terrain ont été menées dans les zones concernées. Elles ont permis, selon le ministre, d’amener plusieurs membres des groupes Mobondo à adhérer au processus de désarmement.

Dans le cadre du programme de désarmement, démobilisation et réinsertion, 596 ex-combattants ont été transférés au centre de Kanyama Kasese, où ils doivent bénéficier de formations en vue de leur réintégration dans la vie civile.

D’autres personnes ayant quitté les groupes armés sont encore cantonnées à Kinshasa et dans différents territoires, dans l’attente de leur orientation vers des formations professionnelles ou d’autres mécanismes de réinsertion.

Le Gouvernement privilégie une réinsertion dans la vie civile, plutôt qu’une intégration automatique au sein des Forces armées de la RDC, afin de favoriser une sortie durable de la violence.

Pour consolider les acquis du désarmement, le Gouvernement prépare également des forums de dialogue entre les communautés Teke et Yaka, particulièrement touchées par les violences liées au phénomène Mobondo.

Ces rencontres devraient permettre d’aborder les causes profondes du conflit, de favoriser la reconnaissance des responsabilités et de jeter les bases d’une réconciliation durable.

Le ministre a, dans le même temps, mis en garde contre les discours de haine et les tentatives de récupération politique de ces violences. Les services compétents, a-t-il indiqué, sont mobilisés pour identifier les personnes qui entretiennent les tensions, y compris depuis l’étranger.

Pour les prochaines étapes, le ministère entend également renforcer la reconnaissance symbolique et matérielle due aux anciens combattants.

Parmi les projets annoncés figurent la construction d’un hôpital national de référence, la création de logements adaptés, l’acquisition de nouveaux espaces d’accueil et de repos ainsi que la multiplication, dans plusieurs provinces, des cimetières militaires « Repos du Soldat ».

À Lubumbashi, la pose prochaine de la première pierre d’un grand monument dédié aux anciens combattants est également annoncée.

Le Gouvernement entend par ailleurs poursuivre le travail de préservation de la mémoire militaire nationale. À Uvira, la tombe du premier sergent Mbavu Moya, figure historique de la Force publique, a été réhabilitée, tandis que des démarches sont entreprises pour préserver sa résidence comme patrimoine national.

Des projets d’hommage aux soldats congolais inhumés en Égypte sont également envisagés en collaboration avec les autorités égyptiennes et belges. Le ministère prévoit en outre l’exhumation du corps du colonel Mamadou Ndala, afin de lui rendre les honneurs militaires dans un cadre jugé plus approprié.

Enfin, Eliezer Tambwe a rappelé la décision du Chef de l’État visant à régulariser les allocations de fin de carrière dues à plusieurs anciens combattants.

Pour le ministère, l’ensemble de ces actions participe d’une même ambition : réhabiliter la place des anciens combattants dans la société congolaise, garantir leurs droits et préserver la mémoire de ceux qui ont servi la République.

Journal Des Nations

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