RDC : Micheline Ombae propose un Pacte national Femme, paix et sécurité pour les 26 ans de la Résolution 1325

La République démocratique du Congo a célébré, ce mercredi 5 novembre, le 26ᵉ anniversaire de la Résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies, consacrée à l’agenda « Femmes, paix et sécurité ». Organisée par le ministère du Genre, Famille et Enfant, à travers le Secrétariat national permanent 1325, avec l’appui de ses partenaires, la cérémonie s’est tenue au gymnase de la Police nationale congolaise (PNC), en présence de membres du Gouvernement, de diplomates, de représentants des Nations unies et d’organisations de la société civile.

Dans son mot de bienvenue, la secrétaire générale a rappelé la portée historique de cette résolution, adoptée en 2000, qui reconnaît le rôle essentiel des femmes dans la prévention et le règlement des conflits, les négociations de paix, la consolidation de la paix ainsi que la protection des femmes et des filles en période de conflit.

Elle a souligné que cette commémoration ne devait pas se limiter à une célébration symbolique, mais constituer une occasion de traduire les engagements politiques en actions concrètes sur le terrain, en faveur de la sécurité humaine en République démocratique du Congo.

De son côté, la représentante de la société civile a insisté sur la nécessité d’une appropriation collective de cet agenda. Selon elle, la Résolution 1325 dépasse le cadre d’un simple instrument juridique international et constitue un engagement politique, économique, social et culturel qui interpelle toutes les parties prenantes.

« La paix ne se construit pas uniquement dans les salles de négociations, ni seulement dans ces gymnases qui nous réunissent en ce jour, mais également dans nos communautés, dans nos villages, dans nos quartiers, dans nos familles, dans nos institutions, et surtout en chacun de nous », a-t-elle déclaré.

Prenant la parole à son tour, Richard Bomboma, chef de coopération adjoint à l’ambassade de Suède en RDC, a plaidé pour une mise en œuvre effective du troisième Plan d’action national de la Résolution 1325. Il a particulièrement insisté sur la nécessité de lui garantir des ressources financières suffisantes, notamment à travers son inscription dans les priorités budgétaires examinées au cours de la présente session parlementaire.

« Nous encourageons le gouvernement congolais à poursuivre l’opérationnalisation du troisième Plan d’action national 1325, en veillant notamment à son financement au cours de cette session parlementaire. La budgétisation sensible au genre permet de traduire les engagements politiques en investissements concrets au bénéfice des femmes, des filles et de l’ensemble de la population congolaise », a-t-il affirmé.

Pour le diplomate suédois, l’efficacité des politiques publiques dépend également de la cohérence entre les engagements annoncés et les moyens effectivement mobilisés. Il a ainsi rappelé que l’allocation des ressources aux priorités annoncées contribue à renforcer la transparence, l’efficacité de l’action publique et la redevabilité des institutions envers la population.

Clôturant les interventions, la ministre du Genre, Famille et Enfant, Micheline Ombae Kalama, a formulé une proposition majeure : la mise en place d’un Pacte national Femme, paix et sécurité. Cette initiative vise à renforcer l’engagement des différentes parties prenantes en faveur d’une participation effective des femmes aux processus décisionnels, de leur protection et du financement durable des initiatives féminines.

Le pacte envisagé s’articule autour de quatre axes prioritaires : accroître la participation des femmes aux instances de décision et aux négociations de paix, renforcer leur protection ainsi que leur accès à la justice, assurer un financement pérenne des initiatives portées par les femmes et instaurer un mécanisme rigoureux de suivi-évaluation aux niveaux national et provincial.

Vingt-six ans après l’adoption de la Résolution 1325, le défi demeure donc celui de passer des engagements aux réalisations, afin de faire de la participation des femmes, de leur protection et de leur autonomisation des leviers essentiels d’une paix durable en République démocratique du Congo.

Keren Tshilemba

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