Cinq ans après son instauration, l’état de siège reste en vigueur dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri. Mis en place le 6 mai 2021, ce régime exceptionnel continue de structurer la gouvernance sécuritaire dans un contexte marqué par une insécurité persistante.

Malgré les opérations militaires et administratives engagées, le débat sur son efficacité demeure ouvert, notamment au sein de la société civile.
Intervenant ce mercredi 6 mai 2026, Pépin Kavota, président de la société civile, forces vives de Beni, dresse un bilan critique de cette mesure. Selon lui, les objectifs assignés à l’état de siège n’ont pas été atteints.
Il évoque notamment la recrudescence des groupes armés au cours de cette période, citant le cas du mouvement M23, qui a réussi à occuper la ville de Goma.
« C’est un bilan très mitigé. De 2021 à 2026, nous pouvons dire que l’état de siège n’a atteint aucun objectif. C’est sous cet état de siège que la rébellion du M23 a ressurgi », a-t-il déclaré.
Il souligne également que la question de la levée de cette mesure revient de plus en plus dans le débat public, rappelant qu’elle a déjà fait l’objet de discussions lors d’une table ronde.
« La population estime que le maintien de l’état de siège n’est plus nécessaire. Les députés devraient envisager sa levée afin de revenir à un fonctionnement normal des institutions », a-t-il ajouté.
Malgré ces critiques, certaines autorités mises en place dans le cadre de l’état de siège continuent de soutenir cette mesure, qu’elles jugent indispensable à la conduite des opérations militaires contre les groupes armés.
Cinq ans après son instauration, l’état de siège continue ainsi de susciter des avis divergents, entre appels à sa levée et défense de son maintien dans un contexte sécuritaire toujours fragile dans l’Est de la RDC.
Gloire Tsongo / Beni