Réformes institutionnelles en RDC : l’AB-50 de Julien Paluku soumet ses propositions pour une transition vers la 4ᵉ République

André Mbata (à gauche) et Julien Paluku

Le regroupement politique Alliance Bloc 50 (AB-50), dont l’autorité morale est le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a déposé ce jeudi 11 juin 2026 ses propositions de réformes institutionnelles au Secrétariat permanent de l’Union sacrée de la Nation. Cette démarche s’inscrit dans le débat national sur l’avenir des institutions et la gouvernance en République démocratique du Congo.

Selon l’AB-50, ces propositions visent à préparer le passage de la troisième à la quatrième République, à la lumière des différentes ruptures constitutionnelles qu’a connues le pays depuis l’indépendance.

Julien Paluku Kahongya, ministre du commerce extérieur et autorité morale du regroupement politique Alliance Bloc 50 (AB-50)

Le regroupement affirme privilégier une approche axée sur les solutions plutôt que sur les controverses politiques. Dans son document transmis à l’Union sacrée, l’AB-50 propose notamment « une gouvernance orientée vers les résultats et le développement ».

Parmi les innovations avancées figure la mise en place d’une architecture institutionnelle reposant sur trois niveaux de pouvoir : le niveau national, le niveau provincial et le territoire. L’AB-50 suggère également d’ériger le territoire en « entité de coordination du développement dotée d’une personnalité juridique ».

Le regroupement préconise en outre de faire de la planification « un domaine de la loi afin d’assurer une bonne continuité de l’État, en évitant l’éternel recommencement lors des changements des animateurs ». Il recommande également l’élection des gouverneurs de province au suffrage universel direct, estimant que cette réforme permettrait de leur conférer « une large légitimité ».

Sur le plan financier, l’AB-50 plaide pour une rationalisation de la décentralisation à travers des mécanismes légaux destinés à soutenir les provinces les plus vulnérables. Dans le secteur judiciaire, il propose notamment la création de chambres d’appel au sein de la Cour constitutionnelle.

Intervenant à cette occasion, Julien Paluku a tenu à dissiper certaines inquiétudes entourant les réflexions sur les réformes institutionnelles. « Les populations des provinces victimes des guerres récurrentes et des massacres ne doivent pas être manipulées par les politiciens », a-t-il déclaré.

L’ancien gouverneur du Nord-Kivu a insisté sur le fait que les débats sur l’avenir institutionnel du pays ne sauraient être assimilés à une quelconque volonté de fragmentation du territoire national.

« Les réflexions sur les éléments qui doivent fonder l’avenir de la nation ne sont pas là pour consacrer la balkanisation du pays ni la guerre », a affirmé Julien Paluku, estimant que les conflits qui frappent l’est de la RDC sont motivés par « les pillages systématiques des ressources naturelles ainsi que la destruction du capital humain et de l’environnement ».

Pour sa part, André Mbata, secrétaire permanent de l’Union sacrée de la Nation, a salué l’initiative du regroupement politique. Selon le communiqué, le professeur André Mbata a jugé ces propositions « pertinentes » et susceptibles d’aider « la République à aller de l’avant » dans sa quête d’une gouvernance plus efficace et adaptée aux défis du développement.

Christiane EKAMBO

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