L’adoption par l’Assemblée nationale de la proposition de loi portant organisation du référendum continue de susciter des réactions au sein de la classe politique et du monde académique en République démocratique du Congo.
Réagissant à cette initiative, le politologue et chef de travaux à l’Université Catholique du Graben (UCG) de Butembo, Reagan Muhesi, estime que l’Assemblée nationale est restée dans son rôle constitutionnel, notamment celui de légiférer et de contrôler l’action du gouvernement.
Selon cet enseignant en sciences politiques, les députés de l’opposition disposent désormais de marges de manœuvre limitées et devraient recentrer leur action sur la population, considérée comme le souverain primaire.
À ses yeux, la sensibilisation citoyenne autour des enjeux de cette réforme constitue désormais l’une des principales alternatives politiques.
Dans son analyse, il a rappelé le rôle de l’Assemblée nationale ainsi que les limites actuelles de l’opposition dans ce processus.
« L’Assemblée nationale ne s’est pas écartée de ses missions, parce que sa principale mission est de légiférer, mais aussi de contrôler le gouvernement. Cependant, depuis le début de cette démarche, l’unanimité n’a pas été trouvée. Les députés de l’opposition ont claqué la porte. Ils doivent se concentrer sur les aspects pratiques et sensibiliser la population, le souverain primaire », a-t-il déclaré.
Le politologue insiste sur la nécessité, pour l’opposition, de déplacer le débat vers l’opinion publique afin d’influencer l’issue du processus.
Après analyse de la situation politique, il estime que la bataille se joue désormais sur le terrain citoyen.
« L’opposition peut appeler la population à voter contre cette loi référendaire, qu’elle juge davantage politique que bénéfique, surtout dans un contexte marqué par la crise sécuritaire dans l’Est du pays », a-t-il ajouté.
Pour rappel, l’Assemblée nationale a adopté, le mardi 9 juin, la proposition de loi portant organisation du référendum. Le texte a été transmis au Sénat pour une seconde lecture. Il renforce notamment les prérogatives du président de la République dans la convocation de cette consultation populaire.
Gloire Tsongo