Une incursion attribuée à des présumés rebelles des ADF a été signalée tôt dans la matinée de ce jeudi 11 juin 2026 dans le quartier Boikene, cellule Munzambayi, en commune de Ruwenzori, dans la ville de Beni (Nord-Kivu).
Selon des témoignages recueillis sur place, cette attaque a coûté la vie à trois civils, tués par balles et à l’arme blanche. Plusieurs habitations ont également été incendiées, provoquant un mouvement de panique au sein de la population.

La situation est restée tendue dans plusieurs quartiers de la ville, où les activités ont été fortement perturbées.
Des jeunes en colère ont érigé des barricades et lancé des projectiles contre les éléments des FARDC déployés dans la zone. Des coups de feu ont ensuite été entendus lorsque les forces de sécurité ont tenté de disperser les manifestants, accentuant la psychose au sein de la population.
Cette attaque a également perturbé les activités socio-économiques et scolaires. Des élèves de 8e année se rendaient notamment dans les centres de passation du Test national de sélection et d’orientation scolaire et professionnelle (TENASOSP) au moment des faits.
Face à cette situation, la population appelle les autorités provinciales et les services de sécurité à renforcer les dispositifs de protection des civils, dans un contexte marqué par la recrudescence des attaques armées dans la région.
Le Conseil communal de la jeunesse de Ruwenzori, par la voix de sa présidente Clarice Kyamutika, affirme que les victimes étaient des jeunes qui tentaient d’assurer la sécurité de leur quartier durant la nuit.
« Ceux qui sont morts aujourd’hui sont des jeunes qui avaient passé la nuit dehors pour assurer la sécurité de leur milieu. À l’arrivée des ADF, ils ont été directement pris pour cible », a-t-elle déclaré.
Elle précise que les trois victimes étaient toutes des jeunes. L’un aurait été brûlé dans une habitation incendiée, un autre abattu alors qu’il tentait d’alerter la population, tandis que le troisième aurait été touché alors qu’il cherchait à comprendre ce qui se passait.
La représentante de la jeunesse déplore la persistance de l’insécurité malgré les multiples alertes lancées aux autorités.
« Depuis le massacre du 30 mai dernier au quartier Ngadi, nous plaidons pour un dialogue permanent entre les services de sécurité et la population afin de renforcer la protection des civils et d’améliorer le déploiement des forces dans les zones les plus exposées », a-t-elle ajouté.
Le Conseil communal de la jeunesse plaide ainsi pour une meilleure coordination entre les forces de sécurité et les communautés locales afin de prévenir de nouvelles attaques et renforcer la protection des populations civiles.
Gloire Tsongo/Beni