Pour la première fois de son histoire, l’Algérie a accueilli un souverain pontife. Du 13 au 15 avril 2026, le pape Léon XIV a effectué une visite à forte portée symbolique dans un pays majoritairement musulman, marquant une étape importante dans les relations interreligieuses.

Dès son arrivée à Alger, le chef de l’Église catholique a été reçu par le président Abdelmadjid Tebboune. Ce déplacement inédit s’inscrit dans une volonté affirmée de promouvoir le vivre-ensemble. Le pape a ainsi insisté sur une vision ouverte de la foi, appelant à bâtir des ponts entre les communautés religieuses et à renforcer la fraternité.
Au cœur de son message, le dialogue interreligieux a occupé une place centrale. Dans un pays où l’islam est largement majoritaire, mais où vivent aussi des minorités chrétiennes, le souverain pontife a plaidé pour une coexistence apaisée, fondée sur le respect mutuel et la compréhension.
La dimension mémorielle a également marqué cette visite. À Alger, le pape s’est recueilli au mémorial dédié aux victimes de la guerre d’indépendance, soulignant l’importance du pardon et de la réconciliation pour construire l’avenir. Il a invité à dépasser les blessures du passé, appelant à une « guérison des mémoires » entre anciens adversaires.
Le séjour pontifical a aussi été marqué par un hommage appuyé aux martyrs d’Algérie, notamment les religieux assassinés dans les années 1990. Lors d’une célébration à la basilique Notre-Dame d’Afrique, Léon XIV a salué leur engagement et leur témoignage de foi, les présentant comme des figures de fraternité et de solidarité avec le peuple algérien.
Dans la continuité de ce message, le pape s’est rendu à Annaba, sur les traces de Saint Augustin, figure majeure du christianisme née en Afrique du Nord. Ce pèlerinage a été présenté comme un symbole fort du lien historique entre l’Afrique et la tradition chrétienne, mais aussi comme un levier pour encourager le dialogue entre religions.
Cependant, cette visite n’a pas été exempte de tensions. Une tentative d’attentat-suicide a été signalée à proximité d’Alger, sans faire de victimes, rappelant les défis sécuritaires persistants dans la région.
Au terme de ce déplacement, le pape Léon XIV a quitté l’Algérie pour poursuivre sa tournée africaine. Au-delà de son caractère inédit, cette visite restera comme un moment fort, porteur d’un message de paix, de mémoire et de rapprochement entre les peuples et les croyances.
Christiane EKAMBO