CENI: réforme et nouveau plan électoral s’imposent!

Pour beaucoup dexperts électoraux, aujourdhui, La CENI, elle-même, constitue un réel problème dans le processus démocratique RD-congolais
Les élections qui ont conduit à la première passation «démocratique» du pouvoir en RD-Congo nont paradoxalement pas été les meilleures qu’ait connues jusque-là le pays de Lumumba. Cependant, cette alternance cristallise les espoirs de tout un peuple. Espoir de lavènement dune gouvernance démocratique qui mette réellement son bien-être au centre de toute action et qui fasse de la redevabilité des représentants et dirigeants, vis-à-vis du peuple, un devoir sacro-saint. Or ces scrutins, entachés non seulement dun manque de confiance au management de la CENI, mais aussi dune absence de transparence et de rigueur de celui-ci dans la tenue de finances allouées par lEtat et dans la publication des résultats électoraux, risquent une fois de plus, de trop, de peser négativement sur le processus démocratique en RD-Congo.

Des analystes estiment qu’il est temps pour une réforme fondamentale et la mise en place d’un plan électoral de la Commission électorale nationale indépendante -CENI-, afin d’éviter une régression continue, d’un point de vue qualitatif, des processus électoraux futurs. Finalité: donner plus de chance de réussite à la démocratie RD-congolaise encore naissante.
Dans les rues de Kinshasa, comme en provinces, les résultats des élections n’ont relativement pas occasionné une crise sécuritaire supplémentaire en RD-Congo. Pourtant, les dernières élections présidentielle, législatives nationales et provinciales du 30 décembre, les résultats publiés en particuliers, ont connu beaucoup de faiblesses à même dimpacter négativement sur l’action des élus, des assemblées et donc sur la marche démocratique RD-congolaise si l’on n’y fait pas attention.

Des officines politiques aux des débats des coins de rues, lon chuchote que les résultats des scrutins ont été manipulés par la centrale électorale; et il y aurait des élus qui sont tout simplement nommé. L’opacité qui a entouré la publication des résultats, dérogeant aux exigences de la transparence électorale, renforce ces allégations. Voilà qui comporte d’importants dangers pour la démocratie RD-congolaise. Tenez. Qu’il y ait eu des faux élus compromet la légitimité, la crédibilité, la dignité même des représentants du peuple. Par conséquent, ceux qui siègent dans les assemblées grâce aux largesses de la CENI, n’auront pas forcément la même perception de leur tâche que des députés véritablement élus par le peuple, résolus à défendre la communauté légalement, loyalement.

De l’avis des analystes, renforcés par l’expérience de la dernière législature, beaucoup dentre ces députés «nommés» risquent de verser dans laffairisme. L’esprit mercantile des certains députés provinciaux qui, selon multiples dénonciations, tentent de vendre à prix dor leurs voix pour les élections des gouverneurs et sénateurs à venir en donne déjà le ton.

La population qui attend beaucoup des assemblées législatives en termes des productions des édits, des lois qui vont résoudre les problèmes de la société, risque de déchanter. Le spectre du passé récent de la ville de Kinshasa, par exemple, a de chances de peser encore: des poubelles partout, des communautés entières exposées à des maladies, aucune autorité qui sen est soucié et les élus ont brillé par leur indifférence.

La descente aux enfers de la CENI

Un analyste qui a requis lanonymat, présente une comparaison des différents processus électoraux de la RD-Congo. Il fait constater quaprès la publication des résultats des élections présidentielles, législatives nationales et provinciales de 2006 conduites par l’Abbé Malumalu qui a appris dans le tas, il y a eu une petite tempête des contestations sur la présidentielle. Mais les législatives tant nationales que provinciales ont quasiment fait unanimité. En 2011, avec le Pasteur Mulunda, alors novice en la matière, des contestations ont été fleuve à l’issue de la proclamation des résultats, fait-il remarquer. «On a douté des résultats à tous les niveaux. Donc, l’administration électorale avait baissé de niveau de qualité de gestion technique et opérationnelle des élections».

Puis: «De 2016 à 2019, après la proclamation des résultats, la contestation est à différents niveaux. Les cours ont été inondées des requêtes en contestation des résultats à tous les niveaux. Les cours ont traité les dossiers en fonction de leurs qualités, le fond, la forme et les moyens mis à contribution». En fait, le volume des contestations atteste dans une élection que celle-ci na pas été bien organisée. «Lorsque vous arrivez à létape de lacceptation des résultats, il y a plusieurs recours, dites-vous bien que cette élection-là, il faut bien évaluer», fait-il remarquer», martèle-t-il.

Quand le favoritisme entame la qualité des agents électoraux

En expert électoral averti, la source estime que la grande faiblesse de l’actuelle CENI est dans la qualité de ses agents électoraux. «La dernière administration électorale sest adonnée à des renouvellements des ressources humaines et généralement des ressources humaines les plus précieuses, cest-à-dire les experts dans les directions techniques. Or, les experts nont pas dethniques, de couleurs, Ils nont que leurs compétences. Et lorsquon saccroche à leurs compétences on parvient à bien canaliser les élections», explique-t-elle.

Et dajouter: «On a assisté à des remplacements de manière cavalière, d’autres ont été poussés à l’exil, d’autres tout simplement chassés, révoqués pour être remplacés par des nouveaux experts». Ses propos sont appuyés par le rapport daudit de l’Organisation internationale de la Francophonie -OIF- fait avant les élections.

A en croire ce dernier, 98% du personnel utilisé pour assurer lenrôlement des électeurs ont failli. Selon la loi et le règlement intérieur de la CENI, ils devaient être déférés devant la justice pour être juger. «L’administration électorale aurait dû, elle-même, démissionnée», argue-t-on. Voici que les faits démontrent que la dimension de formation na pas été prise au sérieux par ladministration électorale. «Un expert lest parce que, dabord, il a bénéficié dune formation de base, a été évalué, après quoi recruté à titre expérimental comme stagiaire professionnel. Après la période de stage, où il est suivi par des experts plus qualifiés, il est confirmé par lemployeur et continue à bénéficier des programmes de renforcement des capacités pour quil soit capable de maintenir l’outil comme le centre national de traitement, le bureau national des opérations, la direction juridique, la direction de sensibilisation,…», martèle-t-il.

Quand le business devient la mission
Autre observation: dans l’opinion, le management de la CENI a donné l’impression de verser dans le business. «Ils se sont plus considérés comme une institution financière. Ils se sont convertis en des businessmen qui, une fois les fonds destinés à la gestion des élections accumulés, s’empressaient de se les répartir», témoigne une source bien introduite à la Centrale électorale.

Du coup, même les agents ont intégré cet esprit affairiste. Les agents envoyés sur le terrain, y allaient plus pour les frais des missions que pour accomplir la tâche qui leur est assignée. Conséquence: la légèreté dans la réalisation du travail y a été quasiment institutionnalisée. Détournements des fonds destinés aux élections, Des gestionnaires de l’OGE surpris avec des réseaux politiques, la nébuleuse «Machine à voter»,… autant des faits dénoncés dans les médias qui corroborent cette observation et ont renforcé la méfiance des politiques, voire de la population, vis-à-vis de la CENI.

Au finish, on en croit plus aux élections. La démocratie agonise. Notre source en veut pour preuve la faible participation des RD-Congolais aux élections.18 millions de votants sur les 32 millions attendus. Un fait taux de participation pour un pays de plus de 80 millions.

Un nouveau plan électoral de la RD-Congo
Ce tableau peu flatteur exige que la CENI subisse une réforme profonde. Pour cela, il faut, souffle-t-on, un bon choix des dirigeants. Pas seulement être un expert qualifié, mais quelqu’un qui a une vision électorale réelle, saine et pratique. Car, le travail du prochain leadership de la CENI devra commencer une évaluation sans complaisance, un audit administratif et financier. Cela permettra d’identifier les faiblesses du passé et de prendre des mesures idoines afin de les corriger.

«Il faut un nouveau plan électoral de la RD-Congo. Ce plan aura quatre volets: lévaluation des trois processus électoraux passés; la stabilisation de l’administration électorale -formation des agents, à tous les niveaux, des nouvelles mises en place, insuffler un nouvel esprit électoral en chacun: on ne vient pas aux élections pour s’enrichir. On n’est pas payé à la CENI pour s’enrichir; l’échange d’expérience. Comme la CENI est en baisse aujourd’hui, elle doit recourir à dautres expertises extérieures pour rebâtir une bonne commission électorale; et la préparation du prochain cycle électoral différemment des trois autres passés», propose lune de nos sources. Pour elle, dans la préparation il y a des sous activités. Notamment la mobilisation des observateurs, la participation citoyenne, le renforcement des capacités. Ce travail aidera de toute évidence aux pays des élections chaotiques. Par ailleurs, cet expert électoral estime judicieux que la Centrale électorale soit gérée par les différentes sensibilités de la société civile en lieu et place de cet équilibrage qui se fait notamment avec des forces politiques.

HRM

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