Rabat : Nasser Bourita plaide pour une inclusion totale afin de garantir la crédibilité des élections en Afrique

Nasser Bourita, ministre des affaires étrangères du Maroc, (Ph. capture d'écran)

À Rabat, le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a insisté sur la nécessité d’une participation inclusive pour assurer la crédibilité des processus électoraux sur le continent africain. « La crédibilité d’un processus électoral ne peut être pleinement garantie si elle exclut une partie de la population », a-t-il déclaré lundi, à l’ouverture de la 5e édition du Cycle de formation des observateurs électoraux de l’Union africaine.

Lors de cette cérémonie coprésidée avec le Commissaire de l’UA aux Affaires politiques, à la paix et à la sécurité, Bankolé Adeoye, le chef de la diplomatie marocaine a souligné l’importance d’une représentation effective de toutes les composantes sociales. « Nos femmes, notre jeunesse, les personnes en situation de handicap, toutes ces voix doivent être présentes, non pas par obligation symbolique, mais parce que leur inclusion est gage d’excellence et de légitimité », a-t-il affirmé.

Pour Nasser Bourita, ce programme de formation constitue un levier essentiel pour renforcer les capacités africaines en matière d’observation électorale. « La force de ce cycle réside dans sa capacité à refléter la réalité de nos sociétés », a-t-il ajouté, évoquant une initiative qui marque « une demi-décennie de partenariat exemplaire » entre le Maroc et l’Union africaine.

Le ministre a également rappelé l’ambition stratégique de cette coopération, en droite ligne des orientations du Mohammed VI. Selon lui, ce cycle contribue à bâtir « une Afrique stable, pacifique et résolument maîtresse de son destin ».

Insistant sur l’appropriation africaine des mécanismes démocratiques, Nasser Bourita a souligné que cette initiative « est née d’une conviction profonde et inébranlable » : « la démocratie africaine ne se consolidera que si elle est portée par des mains africaines, formées, indépendantes et pleinement engagées ».

Le ministre a par ailleurs salué le rôle du Commissaire Bankolé Adeoye, dont « l’engagement personnel et le leadership » ont été déterminants dans la réussite de ce partenariat.

Depuis son lancement, le programme a permis de former près de 400 observateurs issus de 53 pays africains, couvrant les cinq régions du continent. Parmi eux, 65 % sont des femmes et 85 % des jeunes, témoignant d’une volonté affirmée d’inclusion et de renouvellement des compétences.

Face aux défis contemporains, notamment à l’ère du numérique, le chef de la diplomatie marocaine a mis en garde contre les nouvelles menaces pesant sur les processus électoraux. Deepfakes, désinformation algorithmique et usage abusif de l’intelligence artificielle exigent, selon lui, une adaptation rapide des dispositifs d’observation afin d’outiller efficacement les acteurs africains.

Enfin, il a souligné que la 3e édition du Séminaire-dialogue sur la démocratie et les élections en Afrique, organisée avec le Policy Center for the New South, vient compléter cette formation technique par une réflexion stratégique. Placée sous le thème « La numérisation de la démocratie : stratégies d’intelligence artificielle portées par la jeunesse dans un monde en mutation », cette rencontre vise à anticiper les transformations profondes des systèmes démocratiques africains.

Christiane EKAMBO

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