Alors que la RDC et le Maroc se préparent à la tenue de la 6ᵉ Commission mixte au niveau ministériel, les accords conclus fin avril 2026 à Kinshasa illustrent déjà l’ampleur du partenariat stratégique entre les deux pays.
Fort de ses plus de dix années passées en RDC, l’ambassadeur du Maroc en République démocratique du Congo, Rachid Agassim, a exprimé sa satisfaction :
« La 5ᵉ session de la Grande Commission mixte entre la République démocratique du Congo et le Royaume du Maroc s’est tenue à Rabat en 1987. Il était temps que les bases solides soient mises en place pour la tenue de la 6ᵉ Commission mixte qui nous tient à cœur depuis plusieurs années. Nous n’avons pas baissé les bras. Des efforts ont été déployés et les deux pays ont intensifié leur diplomatie pour redynamiser leur coopération, notamment à travers les travaux des experts à Kinshasa en préparation de cette prochaine session ».
À travers ces différents instruments juridiques et techniques, le Maroc réaffirme sa volonté d’accompagner la RDC dans plusieurs secteurs clés du développement, notamment l’économie, les infrastructures, la justice, l’agriculture, les mines, l’enseignement supérieur ainsi que la formation professionnelle.
Parmi les accords conclus figurent notamment un accord relatif aux services aériens, une convention visant à éviter la double imposition et à prévenir l’évasion fiscale, ainsi qu’un accord d’assistance mutuelle administrative en matière douanière. Ces textes traduisent une volonté commune de stimuler les échanges commerciaux, d’améliorer le climat des affaires et de renforcer l’attractivité économique entre les deux pays.
Le partenariat entre Kinshasa et Rabat s’étend également à la protection des investissements à travers un accord sur l’encouragement et la protection réciproques des investissements. Un mémorandum d’entente de coopération commerciale a aussi été paraphé afin de favoriser les opportunités économiques et industrielles.
Dans le domaine judiciaire et sécuritaire, plusieurs conventions importantes ont été signées, notamment sur l’entraide judiciaire en matière pénale, le transfert des personnes condamnées et l’extradition. Un mémorandum d’entente entre les ministères de la Justice des deux pays vient renforcer davantage cette coopération institutionnelle.
Le secteur minier, pilier de l’économie congolaise, bénéficie également de cette dynamique avec un accord de coopération dans les domaines des mines et de la géologie. L’agriculture n’est pas en reste grâce à un protocole d’accord de coopération agricole stratégique destiné à soutenir la modernisation et la productivité du secteur.
La coopération académique et scientifique occupe une place importante dans cette nouvelle phase des relations bilatérales. Un accord de coopération a été conclu dans les domaines de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, tandis qu’un mémorandum d’entente a été signé entre l’Institut marocain de formation, de recherche et des études diplomatiques et l’Académie diplomatique congolaise.
Enfin, le Maroc entend également contribuer au renforcement des compétences professionnelles en RDC à travers une convention-cadre de coopération dans le domaine de la formation professionnelle impliquant l’Office de la formation professionnelle, l’AMCI et les autorités congolaises compétentes.
« À travers ces accords multisectoriels, le Royaume du Maroc confirme son positionnement comme un partenaire stratégique de la RDC en Afrique. Cette coopération renforcée illustre la volonté des deux États de bâtir un partenariat Sud-Sud solide, fondé sur le partage d’expertise, les investissements et le développement durable au bénéfice des populations des deux pays », a confié Rachid Agassim.
Christiane EKAMBO