RDC : mobilisation à Kinshasa en soutien aux sanctions américaines contre Joseph Kabila

Des milliers de militants de la majorité présidentielle ont défilé, lundi 4 mai, dans les rues de Kinshasa pour exprimer leur soutien aux sanctions américaines visant l’ancien président Joseph Kabila, dans un contexte politique particulièrement tendu.

Organisée par les partis membres de l’Union sacrée, la marche s’est déroulée sur le boulevard Triomphal, sous une forte mobilisation de militants arborant drapeaux congolais et américains, ainsi que des effigies du président Félix Tshisekedi et de Donald Trump.

Cette manifestation intervient quelques jours après la décision de Washington de sanctionner Joseph Kabila, accusé par les États-Unis de chercher à « déstabiliser le gouvernement de la RDC » et de soutenir financièrement le M23, un groupe armé actif dans l’est du pays.

À Kinshasa, les autorités congolaises ont salué cette mesure, la qualifiant d’« acte important en faveur de la lutte contre l’impunité », tout en exprimant leur reconnaissance à l’administration américaine.

Dans la rue, les militants n’ont pas caché leur adhésion à cette position.
« La RDC est derrière le président Trump, nous les soutenons à 100 % », a déclaré Paty Malanga, militant de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS).

D’autres participants ont exprimé des positions plus radicales.
« J’encourage les États-Unis pour ce qu’ils ont fait. Maintenant, il faut arrêter Kabila pour qu’il nous laisse tranquille », a lancé Julien, militant d’un parti allié.

À l’issue de la marche, une délégation conduite par Augustin Kabuya a déposé un mémorandum à l’ambassade des États-Unis à Kinshasa, en guise de remerciement pour ces sanctions. Le secrétaire général de l’UDPS a, à cette occasion, plaidé pour « l’arrestation immédiate de Joseph Kabila ».

De son côté, Nicolas Kazadi, présent à la manifestation, a salué une décision qu’il considère comme allant « dans le bon sens », estimant qu’elle pourrait contribuer à la restauration de la paix dans l’est du pays.

Ces développements interviennent alors que la situation sécuritaire reste préoccupante dans l’est de la RDC, où le groupe armé M23 continue d’occuper plusieurs zones stratégiques. Un accord de paix fragile avait pourtant été signé en décembre dernier entre la RDC et le Rwanda, sous l’égide des États-Unis.

Pour sa part, Joseph Kabila a rejeté ces sanctions, les qualifiant de « profondément injustifiées », tout en affirmant sa détermination à poursuivre son combat politique « envers et contre toute forme de pression ».

Dans ce climat de fortes tensions politiques et diplomatiques, la mobilisation observée à Kinshasa illustre la polarisation croissante autour de la figure de l’ancien chef de l’État et des enjeux sécuritaires dans l’est du pays.

Rédaction/JDN

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