Le Parlement zimbabwéen a adopté, mardi, une série d’amendements constitutionnels qui pourraient prolonger de deux ans le mandat du président Emmerson Mnangagwa. Le texte, qui a franchi sa dernière étape législative, n’attend plus que la promulgation par le chef de l’État pour entrer officiellement en vigueur.
Les modifications ont été approuvées par l’Assemblée nationale avec 226 voix pour et 41 contre, après leur adoption par le Sénat le 24 juin dernier. Cette réforme intervient dans un contexte politique marqué par la domination du parti au pouvoir, la Zanu-PF, qui dispose d’une confortable majorité au Parlement.
Au cœur de ces amendements figure l’allongement de la durée des mandats présidentiel et parlementaire, qui passerait de cinq à sept ans. Si la réforme est promulguée, le second et dernier mandat d’Emmerson Mnangagwa, actuellement limité par la Constitution, sera prolongé jusqu’en 2030.
Le projet prévoit également la suppression de l’élection du président de la République au suffrage universel direct, une disposition qui suscite de vives inquiétudes au sein de l’opposition et de plusieurs organisations de la société civile.
Les détracteurs de cette réforme dénoncent une remise en cause des acquis démocratiques du pays. Plusieurs responsables de l’opposition qualifient ces amendements de « coup d’État constitutionnel », estimant qu’ils visent à consolider le maintien au pouvoir du président Mnangagwa, âgé de 83 ans.
De son côté, le pouvoir défend cette réforme comme un moyen de renforcer la stabilité institutionnelle et d’assurer une meilleure continuité dans la mise en œuvre des politiques publiques.
La promulgation du texte par le président Mnangagwa constitue désormais la dernière étape avant son entrée en vigueur. Si elle intervient, cette réforme pourrait marquer un tournant majeur dans l’évolution du système politique zimbabwéen et alimenter davantage le débat sur la gouvernance démocratique dans le pays.
La Rédaction