RDC : de Lusaka à Nairobi, les femmes n’ont représenté que 12 à 14 % des participants aux principaux processus de paix, (Me Pacifique Nkunzi)

Maître Pacifique Nkunzi, Ambassadeur de la Masculinité Positive

La faible représentation des femmes dans les différents processus de dialogue et de paix en République démocratique du Congo continue de constituer un obstacle à la consolidation d’une paix durable. Ce constat a été mis en lumière par Maître Pacifique Nkunzi, Ambassadeur de la Masculinité Positive, lors d’un atelier organisé par la MONUSCO à Kinshasa, du 24 au 25 juin 2026, à l’intention des journalistes.

Placée sous le thème « Pour un journalisme inclusif, moteur de paix et de stabilisation », cette rencontre visait à renforcer les capacités des professionnels des médias sur les questions de genre, de paix et de sécurité, afin de promouvoir une information plus inclusive et sensible à la participation des femmes dans les processus de prévention et de résolution des conflits.

Au cours de son intervention consacrée au « Décryptage des cadres stratégiques : Résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies et le Plan d’action national de troisième génération (PAN 1325) en RDC », Maître Pacifique Nkunzi a présenté un tableau retraçant le taux de participation des femmes aux principaux dialogues et initiatives de paix organisés en RDC depuis 1999.

Les statistiques révèlent une nette prédominance des hommes dans les différentes négociations qui ont jalonné l’histoire récente du pays. Lors de l’Accord de cessez-le-feu de Lusaka, signé le 10 juillet 1999, sur 345 participants, seules 45 étaient des femmes, soit environ 13 %. La même tendance est observée lors de l’Accord global et inclusif de Sun City en 2002, où 47 femmes seulement ont participé aux travaux sur un total de 345 délégués.

Le tableau met également en évidence des processus de paix dont les femmes étaient totalement absentes. C’est notamment le cas du Pacte sur la sécurité, la stabilité et le développement dans la région des Grands Lacs, signé en 2006, de l’Accord de paix entre le Gouvernement et le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) en 2009, ainsi que du Dialogue de Nairobi I en avril 2022, où aucune femme n’a pris part aux négociations.

Même les Concertations nationales de 2013, qui avaient réuni 763 participants, n’ont compté que 95 femmes, soit près de 12 % des délégués, illustrant une sous-représentation persistante des femmes dans les espaces de décision liés à la paix.

Pour Maître Pacifique Nkunzi, ces chiffres démontrent que, plus de vingt-cinq ans après l’adoption de la Résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies, qui prône la participation pleine, égale et effective des femmes aux processus de paix et de sécurité, des efforts importants restent à fournir pour atteindre les objectifs fixés.

Il a rappelé que le Plan d’action national de troisième génération (PAN 1325) constitue un cadre stratégique destiné à renforcer le leadership des femmes dans la prévention des conflits, la médiation, les négociations de paix, la reconstruction post-conflit et la gouvernance sécuritaire.

À l’issue de cet atelier, les journalistes ont été encouragés à intégrer davantage l’approche genre dans leur traitement de l’information, en mettant en valeur les contributions des femmes aux initiatives de paix et en sensibilisant l’opinion publique sur l’importance d’une participation féminine plus équilibrée dans les mécanismes de dialogue et de stabilisation.

À travers cet échange, la MONUSCO a réaffirmé le rôle essentiel des médias dans la promotion d’un journalisme inclusif, capable d’accompagner les efforts de consolidation de la paix et de favoriser une société plus équitable, conformément aux objectifs de la Résolution 1325 et du Plan d’action national de troisième génération en RDC.

Christiane Ekambo

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