Un groupe de leaders communautaires a fermement dénoncé ce qu’ils qualifient de « politique mafieuse » menée par l’armée ougandaise (UPDF) sur le territoire congolais. Cette prise de position s’adresse directement aux gouverneurs militaires du Nord-Kivu et de l’Ituri, basés respectivement à Beni et Bunia.
Dans une déclaration publiée le jeudi 10 juillet à Beni et signée par Loswire Shabani, Seth Tsongo et Kasma Jean-Pierre, ces citoyens congolais accusent l’armée ougandaise de mener des actions hostiles et contre-productives, malgré son engagement officiel aux côtés de la RDC dans la lutte contre les rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF).
« Depuis plusieurs années, l’Ouganda joue un double jeu, tantôt allié, tantôt agresseur », peut-on lire dans leur lettre.
Les signataires rappellent notamment que l’Ouganda avait autorisé, en juin 2022, le groupe rebelle M23 à utiliser la cité frontalière de Bunagana comme base arrière pour lancer des attaques contre le territoire congolais.
Plusieurs incidents récents sont également pointés du doigt : Entrées massives de troupes ougandaises dans des villages du Nord-Kivu et de l’Ituri ; Destruction d’une barrière sécuritaire à Djugu en mars dernier et aussi des tirs à bout portant sur des soldats congolais des FARDC, sous prétexte d’une confusion d’uniformes.
Le massacre survenu à Masiya, en chefferie de Walese-Vukutu (Ituri), attribué sans enquête préalable aux ADF par les UPDF, est également cité comme exemple d’opérations qualifiées de douteuses et meurtrières par ces activistes pro-démocratie.
Dans le même document, les signataires dénoncent par ailleurs les propos jugés menaçants et déplacés du chef d’état-major ougandais, Muhoozi Kainerugaba, à l’égard du gouverneur militaire de l’Ituri, le général Johnny Luboya.
« Nous dénonçons ces actes ignobles perpétrés au nom d’une prétendue coopération. La présence ougandaise sur notre sol mérite d’être réévaluée », conclut la déclaration, affirmant que seule l’armée congolaise est légitime pour garantir la paix et la sécurité sur l’ensemble du territoire national.
Djiress BALOKI/Nord-Kivu